(1946) Prendre en charge les maladies chroniques aux Etats-Unis : article historique !

Publié le 09.09.2009 | Mise-à-jour le 02.11.2009 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

En 1946, un article important de santé publique analyse les manquements de la prise en charge des maladies chroniques aux Etats-Unis.


L’ère de l’organisation médico-sociale, de l’unification, et d’une approche intégrée de ce projet complexe est en marche. L’élargissement de la sécurité sociale amène les acteurs à une préoccupation croissante pour l’ensemble des besoins de base de toute la population. Prendre à bras le corps le problème, avec l’idée novatrice pour l’époque de lier tous les services, de la prévention (Welfare [1]), aux hôpitaux, en passant par les personnels soignants et les services de santé publique est une priorité.

Un plan cadre relevant de l’Etat fédéral avec connexion aux programmes et services existants est revendiqué. Les objectifs : intégration des services géographiquement (plutôt que fusion de tutelles).

On constate alors l’insuffisance des sites d’accueil pour les malades chroniques, le plus souvent des tuberculeux et des malades mentaux intraitables. Une enquête nationale sur les maladies chroniques les définissait comme un état pathologique chronique pouvant induire une incapacité incapacité connue de l’informateur, avec des symptômes datant d’au moins trois mois Une définition administrative est alors proposée : "une maladie qui est susceptible de nécessiter des soins et /ou une surveillance sur une période prolongée". Elle induit alors une classification fonctionnelle indirecte.

L’idée d’universalité, avec emploi du terme "humanitaire", est clairement affichée : des besoins existent pour les riches comme pour les pauvres, urbains ou ruraux, jeunes ou anciens et… et quel que soit leur confession…

L’assurance santé ne couvrira pas les infrastructures nécessaires, relevant de l’Etat. La question du paiement est évoquée : une qualité accrue et une répartition équitable est souhaitée.

On recommande une grande qualité des soins, une hospitalisation la plus courte possible, un relais par les maisons de soins infirmiers et l’organisation des gardes (services équivalant à la maison de santé pluridisciplinaire maison de santé pluridisciplinaire Ces maisons visent à offrir aux citoyens, sous le même toit, une prise en charge coordonnée par un regroupement de professionnels de santé : médecins, kinésithérapeutes, diététiciens, infirmiers, etc. Voir aussi le glossaire. en 2009).

Enfin, la transmission d’informations entre tous les professionnels est obligatoire. Trois niveaux de besoins sont décrits :

  • 1/. Diagnostic et traitement
  • 2/. Soins infirmiers de haute qualité
  • 3/. Garde ou soins à domicile.

Ainsi, après la seconde guerre mondiale, les spécialistes de la santé publique aux Etats-Unis insistaient sur l’intérêt des maladies chroniques sur le plan "technique" - nous dirions aujourd’hui "scientifique". Une meilleure prise en charge exigeait de construire un nouveau matériel pédagogique pour les soignants. Il était dit que, dans le futur, les soins s’orienteraient vers plus de gériatrie, et que des maladies dégénératives liées à l’âge ainsi que des cancers verraient leur prévalence augmenter.


Source : Voir l’article en texte intégral : http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1625649

Voir aussi notre article sur la couverture médicale universelle, point de vue des américains.


[1] En santé publique américaine, c’est toujours l’assistance sociale, qui est appelée ainsi et qui signifie « bien-être »