(2005) Changement des pratiques et Disease management au sein du système de santé au Royaume Uni

Publié le 05.05.2009 | Mise-à-jour le 06.03.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Les auteurs envisagent les maladies chroniques comme l’un des principaux moteurs de changement et de l’intégration de services.


Les auteurs envisagent les maladies chroniques comme l’un des principaux moteurs de changement et de l’intégration de services. Dans un rapport de synthèse de 2005, les auteurs britanniques proposent un panorama des approches de gestion globale des maladies chroniques, ou Disease management disease management Etats-Unis : le Disease Management est un système coordonné d’intervention et de communication en matière de soins, dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif. Pour une histoire documentée du concept, voir le Glossaire. . Ils justifient leurs propos en indiquant combien des financements supplémentaires seraient insuffisants sans des changements radicaux.

Ce document compare les coûts et les résultats du système de santé public britannique et Kaiser Permanente Kaiser Permanente A la fois assurance et organisateur de soins, ce système est bâti sur le staff model, c’est à dire que les médecins prestataires sont salariés de l’organisation... (KP) une HMO HMO Health Maintenance Organization, assurance santé étatsunienne, payée par les employeurs. américaine - qui propose d’ailleurs ses services en Europe. Avec le vieillissement de la population, l’augmentation de médecine sociale et des polypathologies, la notion de maladie chronique est aujourd’hui considérée comme un problème multidimensionnel, constitutif de leur gestion.

Une « évidence » : la prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques consomment environ 78% de l’ensemble des dépenses de santé aux Etats-Unis. L’augmentation attendue des admissions hospitalières pour soins aigus pourrait être préjudiciable pour le système. Intégrer soins primaires et secondaires en se concentrant sur la gestion des maladies chroniques est d’ailleurs une de caractéristiques du modèle KP. L’hôpital est de plus en plus spécialisé, répond aux interventions hautement spécialisées, mais il reste mal équipé pour faire face à ces polypathologies, dans des contextes psychosociaux défavorables. Pourtant, l’assurance maladie Veterans Health Administration aux Etats-Unis et au Canada a permis l’amélioration des soins et la réduction des séjours hospitaliers grâce à l’accent mis sur l’amélioration de la gestion des maladies chroniques. Les hôpitaux a pour cela lancé des systèmes de gestion de cas visant les malades à « haut risque », tel que la pyramide de Kaiser le modélise (voir ce modèle) en trois niveaux, le niveau 3 correspondant aux patients les plus « compliqués » à « gérer ».

La gestion des maladies chroniques propose aux Etats-Unis un modèle générique, le CCM de Wagner (voir ce modèle). Les auteurs soulignent que la culture des National Health Services (NHS), ainsi que celle de l’opinion publique au Royaume Uni est par tradition bien plus préoccupée par les actes curateurs que par la promotion de l’autosoin. Les services sont conçus et sont mis en œuvre grâce à des budgets gérés par les cliniciens travaillant en étroite collaboration avec les gestionnaires. De plus, peu de mesures incitatives existent pour les praticiens.

Le consensus général est le suivant :

  • intégration plus étroite entre les soins primaires et secondaires ;
  • faire usage de soins intermédiaires, en se concentrant sur les maladies chroniques et leur gestion efficace
  • donner la priorité à l’autosoin et à l’autodétermination ;
  • faire des patients et des familles des « co-fournisseurs » de soin ;
  • apprendre de KP l’expérience de l’engagement des médecins dans ce modèle.

Ken Proctor a partagé l’image suivante jugée utile de soins non programmés en soulignant que l’objectif des services de santé devrait être de passer vers la "gauche", afin que la prise en charge soit prévue au maximum Cela est particulièrement vrai pour la gestion globale des maladies chroniques : Selon les auteurs, des sceptiques ont reconnu que certaines des conclusions sont inapplicables, en particulier ils ont remis en cause la relation idéale entre les médecins généralistes et spécialistes hospitaliers. Une tension existe aussi entre la tradition de médecine de famille et la nécessité de concentrer l’expertise des médecins généralistes sur les patients avec les problèmes les plus complexes. De plus, l’extension du rôle des infirmiers et des professions connexes à la médecine est un aspect qui manque à l’organisation de services de santé NHS.

L’option qu’ils proposent serait de soutenir des travaux pilotes dans des zones géographiques particulières, en commençant par la gestion « active » des patients à haut risque.


Sources Oates, K., Tracey, D., (2005) Chronic disease management. Voir le rapport en ligne. Voir aussi : Department of Health, Chronic disease management a compendium of information (2008) le rapport Voir le rapport en ligne sur le site du ministère chargé de la santé du Royaume Uni.