(2006) Comprendre les systèmes de santé en Europe : fondements et comparaison

Publié le 15.04.2009 | Mise-à-jour le 05.10.2010 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Typologie historique de la protection sociale : système de santé "beveridgien" ou "bismarckien" ?


Deux systèmes de santé coexistent actuellement en Europe : le modèle de Beveridge [1] financé par l’impôt et que l’on retrouve essentiellement dans les pays de l’Europe du Nord et le modèle de Bismarck [2]dit de l’assurance maladie obligatoire (AMO), surtout répandu en Europe centrale et depuis une dizaine d’années en Europe orientale [3].

Schématiquement, plusieurs acteurs constituent un système de santé : les deux principaux sont la population et les fournisseurs de prestations (cf. infra). D’autres viennent s’y greffer et ont des fonctions régulatrices. Un certain nombre de questions viennent également s’y ajouter dont celles liées à la protection de l’assurance, au mode de mobilisation des ressources, à la compensation des risques Compensation des risques Terme d’assurance décrivant l’équilibre des portefeuilles. Ici en en Allemagne, la compensation entre assureurs-maladie réduit, voire élimine leur incitation à se ménager un avantage par rapport à la concurrence en sélectionnant les patients sur le niveau de risque (embauche de bons risques et débauchage de mauvais risques). , etc.

Plusieurs réformes ont été introduites dans les pays de type Beveridge :

La première réforme a été de séparer acheteur et fournisseur, l’un achetant les prestations et l’autre les fournissant ;

la deuxième, corollaire de la précédente a été de donner une plus grande liberté de choix de fournisseurs à la population ;

la troisième a été de décentraliser les systèmes avec l’apparition de services de santé régionaux ;

enfin, la quatrième a donné la possibilité de conclure des prestations avec des sociétés privées ou libérales d’utilité publique.

Pour les pays dépendants du système AMO, historiquement, le système est fortement lié au travail. Plusieurs types d’assurance existent selon les pays. On remarquera, par exemple, que l’Allemagne autorise ses assurés à choisir entre l’AMO et l’AMP (assurance maladie privée). Les systèmes AMO rencontrent cependant des problèmes relatifs à la difficulté de réduire les coûts liés à leur fonctionnement.

Vers de "meilleurs" systèmes ? Ce qui fait qu’un système est meilleur qu’un autre est le degré de réussite qu’il parvient à atteindre par rapport aux objectifs qu’il s’est fixés. Pour résumer et si l’on regarde la littérature internationale, les objectifs communs les plus fréquemment admis sont : la qualité, l’accessibilité, l’égalité de traitement, la limitation des coûts et le rapport coût/efficacité optimal (efficience Efficience "Dimension économique de l’efficacité pratique où les conséquences - ou les résultats - d’une intervention sont reliés à l’utilisation qui est faite des ressources"[...]. , rendement...).

Si en 2000 l’Organisation Mondiale de la Santé a proposé une contribution aux objectifs et aux buts des systèmes sanitaires (Voir le rapport sur la santé dans le monde 2000), il faut admettre que la tentative d’unifier les modèles de santé n’est pas concluante : à une situation donnée, chaque modèle pouvant apporter des réponses efficaces pour des dimensions spécifiques. Mise en commun des ressources


Source : Busse, R., (2006), Les systèmes de santé en Europe : données fondamentales et comparaison, La Vie économique Revue de politique économique, 12:10-3. Télécharger le document sur le site suisse de la revue "La vie économique" (Die Volkswirtschaft).

Voir aussi : Ries, R., (2007), L’Union européenne et les services de santé (Rapport d’information fait au nom de la délégation pour l’Union européenne sur l’Union européenne et les services de santé). Télécharger le document sur le site du Sénat.


[1] Du nom de Lord William Beveridge, fondateur du système de santé britannique.

[2] Du nom du chancelier Otto von Bismarck

[3] La France et l’Allemagne ont une gestion dont l’origine bismarckienne est commune