(2007) Appel téléphonique et autosoins structurés pour les dépressions chroniques ou récidivantes

Publié le 28.04.2009 | Mise-à-jour le 26.08.2011 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Observation de programmes pilotes destinés à des patients dont les symptômes dépressifs persistent, malgré six mois de traitement


Ce sont les bénéficiaires du système de santé prépayé Group Health Cooperative (GHC) - une Health Maintenance Organization (HMO) - qui ont été recrutés pour la somme de 20 $ dans l’Etat de Washington, Etats-Unis. Ces programmes avec soutien téléphonique ou groupes encourageant les soins autogérés se retrouvent alors aux côtés de la prise en charge classique : médicaments et psychothérapie.

L’appel téléphonique constitue un contact interpersonnel fiable où les symptômes, l’observance thérapeutique et les effets secondaires peuvent être précisément recueillis. C’est un système informatisé d’aide à la décision qui permet la finesse du rappel, les collectes de données et leur transmission au soignant de référence (dont la réaction n’est pas mesurée dans cet article). Des « care-managers » interviennent et, dès la première intervention – celle-ci durant 5 à 10 mn –, un plan d’action est bâti en collaboration avec le patient (intervalle du rappel, etc.)

Certains patients étaient également invités à participer à des groupes d’auto-prise en charge (autogestion (ou gestion de soi) pour l’autosoin). Ceux-ci sont basés sur la théorie de l’auto-efficacité Auto-efficacité Sentiment d’efficacité personnelle (croyance vraie ou fausse du patient pensant qu’il est possible d’atteindre un objectif). . Certains groupes étaient animés par des pairs, d’autres par des professionnels psychologues. Des techniques connues pour favoriser l’autosoin sont mises en œuvre en groupe : but final souhaité, résolution de problèmes, stratégie cognitive (autoparole, visualisation, relaxation, distraction), compétence de communication, etc.

Toutes ces interventions innovantes intègrent les données du Chronic Care Model : la composante « système d’information » est enrichie par le contrôle systématique des patients par appel téléphonique, le thème « autogestion » est favorisé par le soutien des groupes. Voir ce modèle.

Il a été suggéré que, contrairement à des groupes créés spécifiquement pour les malades dépressifs, adhérer à un système d’auto-prise en charge générique « maladies chroniques », moins rare et plus neutre, permettait une meilleure accessibilité aux soins et une moindre stigmatisation stigmatisation Parole ou action menant à transformer une déficience, une incapacité ou un handicap en une marque négative pour la personne. Voir Le Grand Dictionnaire terminologique québécois. .

L’observation de la mise en place de ces soins additionnels montre leur faisabilité certaine et leur acceptabilité. Les interventions proposées avaient fait la preuve de leur efficacité (amélioration du suivi du patient). Ainsi, intégrées dans un programme de Disease management disease management Etats-Unis : le Disease Management est un système coordonné d’intervention et de communication en matière de soins, dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif. Pour une histoire documentée du concept, voir le Glossaire. pour les patients dépressifs depuis plus de 6 mois, leur résultat clinique à long terme reste à évaluer pour des groupes plus larges.


Source : Ludman, E.J., Simon, G.E., Grothaus, L.C, Luce, C, Markley, D.K., Schaefer J., (2007), A pilot study of telephone care management and structured disease self-management groups for chronic depression. Psychiatric Services. 58(8),1065-72.

Voir l’article en ligne sur le site de la revue Psychiatric Services.