(2008) (3) Diagnostic et prise en charge de la dépression dans la maladie de Parkinson

Publié le 23.06.2011 | Mise-à-jour le 14.06.2013 | par Laurent Panes

Des taux de prévalence les plus divers de dépression ont été rapportés dans la maladie de Parkinson (de 4% à 70%)


Même si l’on considère en général que la dépression affecte 40 à 50% des patients atteints de la maladie de Parkinson, la grande variabilité dans les estimations pourrait bien tenir au chevauchement des symptômes des deux affections, soulevant des difficultés diagnostiques considérables.

  • Troubles du sommeil, fatigue, ralentissement psychomoteur et difficultés de concentration sont en effet des symptômes qu’on retrouve dans les deux tableaux cliniques.
  • De plus, des conséquences de la neurodégénérescence telles que apathie, problèmes de concentration, d’attention, de mémoire, peuvent être attribuées, à tort, à une dépression.

Et, pour ne rien arranger, les patients âgés atteints de la maladie de Parkinson et de dépression manifestent moins de tristesse, d’anhédonie [1] et de sentiments de culpabilité que les patients uniquement dépressifs, mais présentent plus de difficultés de concentration.

L’étiologie (la cause) de la dépression dans la maladie de Parkinson n’est pas non plus des plus claires.
L’hypothèse selon laquelle la dépression serait au moins en partie une réaction psychologique aux incapacités associées à la maladie de Parkinson, peut être pertinente dans certains cas, mais parfois la dépression précède les signes moteurs parkinsoniens.
Une autre possibilité serait que la dépression constitue un effet secondaire des médications anti-parkinsoniennes, mais les données à l’appui de cette supposition sont rares.
Enfin, une hypothèse biologique suggère que le trouble de l’humeur serait lié à la neurodégénérescence de régions du cerveau supposées être associées à l’étiologie de la dépression, telles que l’aire tegmentale ventrale, l’hypothalamus, le noyau raphé dorsal ou le locus cœruleus. Un élément qui irait dans ce sens est le fait que dans certaines formes de maladie de Parkinson, comme la forme rigide akinétique ou celle dont les symptômes moteurs n’affectent que le côté droit, les taux de dépression sont plus importants que dans la forme classique.

Les essais contrôlés de pharmacothérapie de la dépression sont rares, mais prometteurs. Les antidépresseurs évalués, ayant différents effets sur les systèmes de neurotransmission sérotoninergique, noradrénergique et dopaminergique, semblent efficaces. Ils améliorent également, dans une certaine mesure, les symptômes moteurs parkinsoniens, ainsi que l’autonomie dans les activités de la vie quotidienne, donc la qualité de vie Qualité de vie Aux confins du social et du psychologique - ou de "l’individuel", la qualité de vie liée à la santé est multidimensionnelle. .

Ces résultats suggèrent également que les divers systèmes de neurotransmission altérés par la maladie de Parkinson pourraient contribuer également à la pathogénie [2] de la dépression associée.


Source :

Raskind M.A. (2008). Diagnosis and Treatment of Depression Comorbid with Neurologic Disorders. The American Journal of Medicine 121, S28-S37

Voir aussi nos entrées Chronisanté :


[1] Perte d’affectivité caractérisée par l’incapacité d’éprouver du plaisir. Source : Le Granddictionnaire terminologique québécois : http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=17588121

[2] Mécanisme causal, modification pathologique des fonctions de l’organisme conduisant à l’apparition d’une maladie.