(2008) (4) Diagnostic et prise en charge de la dépression dans la sclérose en plaques

Publié le 30.06.2011 | par Laurent Panes

Dépression associée à une sclérose en plaques : de nombreuses incertitudes à propos des facteurs de risque et du diagnostic


Les estimations de prévalence de la dépression dans la sclérose en plaques (SEP) varient de 19% à 54%, selon la population étudiée (dans la communauté ou dans un cadre clinique), et les critères diagnostiques utilisés.

On reconnaît généralement comme facteurs de risque de cette comorbidité :

  • sexe féminin ;
  • âge inférieur à 35 ans ;
  • une histoire familiale de dépression majeure ;
  • un niveau important de stress.

Mais la recherche sur le développement d’un état dépressif dans ce contexte a fourni des résultats contradictoires.
L’influence du sexe comme facteur de risque, par exemple, a été remise en cause. D’autre part, si certaines études ont dégagé une relation entre le degré d’incapacité incapacité et le risque de dépression, d’autres travaux suggèrent qu’il s’agirait de variables indépendantes.

Deux pistes à explorer :

  • Il semble que si une dépression se déclare dans le cas d’une sclérose en plaques, elle le fait en général assez tôt, ce qui semble suggérer que l’adaptation à la SEP serait en jeu dans sa survenue ;
  • bien que la pathogénie de l’association morbide comporte de nombreuses zones d’ombre, certains travaux semblent également indiquer que les cytokines pro-inflammatoires joueraient un rôle.

Le diagnostic de dépression est compliqué par le fait du chevauchement de certains symptômes, tels que fatigue, difficultés à penser ou se concentrer, troubles du sommeil. Mais il est important de repérer cette comorbidité, dans la mesure où elle augmente le risque de suicide.

Tout un ensemble de travaux s’intéressent aux effets de la dépression sur la capacité fonctionnelle.
Si certaines études ont attribué à la dépression une diminution de la fonction cognitive, d’autres n’ont trouvé aucune relation entre les deux. Une étude a procédé à une analyse plus fine, en différenciant divers types d’aptitudes cognitives. On a alors constaté que la dépression affectait les facultés cognitives nécessitant une plus grande attention, mais non celles qui étaient plus automatiques.

Plusieurs études ont évalué différentes capacités fonctionnelles (mémoire, marche, dextérité manuelle)

  • selon leur versant objectif : dans ce cas il n’y avait pas de différence entre les patients atteints de SEP déprimés ou non déprimés ;
  • selon le versant subjectif : les patients déprimés se percevaient comme présentant des troubles cognitifs, sans que cela soit confirmé par aucune mesure objective.

Pour ce qui est de la prise en charge, le traitement de la dépression dans la SEP, quelle qu’en soit la modalité (par antidépresseur ou psychothérapie - thérapie cognitive, comportementale, ou psychothérapie de groupe...) est de première importance, car :

Mais des études systématiques restent à faire, afin de confirmer et généraliser ces résultats prometteurs.


Source :

Raskind M.A. (2008). Diagnosis and Treatment of Depression Comorbid with Neurologic Disorders. The American Journal of Medicine 121, S28-S37

Voir aussi nos entrées Chronisanté


[1] Traitement par injection qui demande une discipline.