(2009) Prendre en charge la douleur chronique des malades "complexes"

Publié le 28.07.2009 | Mise-à-jour le 08.12.2011 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

La douleur chronique atteint 60 % des diabétiques et des insuffisants cardiaques


A l’heure de l’arrêt progressif et attendu de médicaments très répandus en France pour traiter les douleurs chroniques [1], un article récent met l’accent sur la prévalence importante de tels symptômes persistants chez des patients atteints de diabète ou/et d’insuffisance cardiaque.

En effet, une étude au sein des bénéficiaires de soins de premier recours Soins de premier recours Comme son nom l’indique, le médecin généraliste est le soignant de l’offre de soins de premier recours. (ou soins de santé primaires Soins de santé primaires Equivalent en français de "Soins de premier recours". Ce terme issu de la littérature anglaise (primary care) désigne les soins de première ligne, porte d’entrée vers tous les soins plus spécialisés. Voir le Glossaire. ) de Veteran’s Affairs, une HMO HMO Health Maintenance Organization, assurance santé étatsunienne, payée par les employeurs.  [2] montre qu’une proportion importante des patients interrogés déclare avoir des douleurs chroniques : 60 % d’entre eux se plaignent de maux, le plus souvent de dos, de hanche ou de genou (localisation fréquente de pathologies articulaires de type arthosique).

Ces patients étaient assez âgés, mais n’étaient pas de grand vieillards (61-74 ans)... L’incapacité incapacité de ces patients retentissait sur leur vie quotidienne. L’effet négatif d’une telle symptomatologie sur la qualité de vie Qualité de vie Aux confins du social et du psychologique - ou de "l’individuel", la qualité de vie liée à la santé est multidimensionnelle. des individus est incontestable. De plus, le système de santé déploie des efforts supplémentaires pour y faire face. Ces grands malades demandent des soins accrus. La majorité des patients diabétiques ou insuffisants cardiaques ne marchaient pas, du fait de leur état de santé détérioré par d’autres maladies : arthrose en premier lieu, mais aussi séquelles d’accident vasculaire cérébral et autres pathologies intriquées (rein, cancer, oeil, etc.)

Si près de 80 % d’entre eux résolvaient leur problème de malaise quotidien par des médicaments antalgiques et ou/ de la kinésithérapie (l’article ne donne pas de détails), une bonne moitié usait aussi de stratégies personnelles (chaleur, relaxation, phytothérapie, et même prière (!)). Moins de 50 % d’entre eux utilisaient l’exercice physique pour amoindrir leur sensation de douleur (dérouillage, échauffement, oubli, etc.) D’autres décrivaient comment le repos ou une activité sédentaire les soulageait

Enfin, environ un tiers d’entre eux "utilisaient" le repos, parce leur état était amélioré par l’absence d’efforts.

La morbidité liée à ce symptôme est importante, on le sait. La prise en charge des maladies chroniques, chez des patients d’âge mûr ou âgés devrait évaluer les besoins en antalgiques du patient pour obtenir un meilleur bien être global. La qualité des soins antalgiques chez des patients âgés et polypathologiques est un défi.


Source : Butchart, A., Kerr, E.A., Heisler, M., et al., (2009),Experience and management of chronic pain among patients with other complex chronic conditions. Clin J Pain, 25(4) : p. 293-8.


[1] Médicaments contenant l’association Paracétamol/Dextropropoxyfène, par décision de l’Agence européenne du médicament (EMEA), ces molécules n’étant pas remises en cause individuellement

[2] Assurance santé américaine prenant en charge les Anciens Combattants de l’armée aux Etats-Unis et leurs familles