(2010) Aides à domicile : activité auprès des personnes fragilisées, le bilan 2008 est paru

Publié le 17.12.2010 | Mise-à-jour le 05.02.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

"Aider", au domicile des personnes malades chroniques, fragilisées, et/ou âgées et dépendantes : deux bilans de la DREES


La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) pour le ministère chargé de la santé (France), propose deux études concernant les aides à domicile et les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD).

Aide à domicile

Les activités dites "domestiques" représentent une constante du métier. "La quasi-totalité (97%) des aides à domicile font le ménage ou la vaisselle pour les personnes chez qui elles interviennent" (...).

Les salariées - car ce sont en grande majorité des femmes - du secteur incitent dans plus de 80 % des cas la personne aidée à participer à ces tâches. Faire le ménage, la vaisselle - nettoyer le linge dans une moindre mesure - sont des strictes nécessités (qui peuvent être demandées par des personnes autonomes).

Ensuite, l’aide dans les actes essentiels de la vie quotidienne (ADL pour Activities of Daily Living) constituent le cœur du métier de l’intervenante à domicile (dans 25 à 35 % des cas). Elles sont analysées et un graphique, rendant compte de statistiques 2008, est proposé dans la source ci-dessous. S’occuper de la prise des aliments, de l’accompagnement dans une maison, aux toilettes ou au dehors, l’aide à l’hygiène en font partie (ils sont essentiels pour les troubles de type Alzheimer (TTA) où la perte de mémoire empêche une autonomie sur ce plan, Ndlr). La part d’ADL étudiée par salarié (e) augmente évidemment avec le niveau de diplôme [1].

Enfin, les ADL se distinguent des activités instrumentales de la vie quotidienne (Instrumental Activities of Daily Living - IADL). Ces dernières sont hétérogènes et vont de la préparation des repas à la couture, en passant par "le linge" ou le ménage, les courses (on signale, dans le document en accès libre ci-dessous, qu’il est assez étonnant mais juste, de distinguer préparation des repas et aide à la prise alimentaire).

Les intervenantes constatent au fil du temps une évolution des tâches qu’elles exécutent vers plus de complexité. Elles imputent ce changement, pour 68 % d’entre elles, à la dégradation de l’état de santé des personnes dont elles ont la charge. Elles déclarent que c’est plutôt positif : nouveaux champs d’action, activité variée et dense, nouvelle compétence...


Source :

DREES (2010), Études et Résultats, Les activités des aides à domicile en 2008, n° 741, Octobre 2010, 8 p.


Voir notre entrée Chronisanté :

(2009) Prise en charge de la dépendance à domicile : les tensions du secteur.


Les soins infirmiers

Au 31 décembre 2008, plus de 2 000 services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) sont créés (capacité de 106 000 places dont 93 % sont "occupées"). Ils avaient été conçus à l’origine pour les personnes âgées de 60 ans ou plus.

Depuis 2004, les SSIAD sont ouverts aux personnes moins âgées mais qui présentent un handicap ou une pathologie chronique. La majorité des personnes prises en charge par ces services spécialisés vivent à leur domicile, ont 75 ans ou plus. Leur dépendance est grande.

Les personnels représentent près de 25 000 ETP, c’est à dire ’"équivalents temps plein". Ils sont plutôt des aides-soignants (plus de 75 % du personnel). Ils effectuent principalement des soins d’hygiène de base ; les infirmiers (coordonnateurs ou non) sont représentés à 15 %.

Mais on fait appel aux infirmiers à domicile pour 95 % des actes techniques.


Source : DREES (2010), Études et Résultats, Les services de soins infirmiers à domicile en 2008, 8 p.


[1] Par ordre d’importance : Diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale ou (DEAVS) ou Certificat d’aptitude aux fonctions d’aide à domicile (CAFAD) avant 2002, Diplôme professionnel d’assistante de vie, Brevet d’études professionnelles (BEP) carrière sanitaire et sociale ou Brevet d’études professionnelles agricoles (BEPA) - services aux personnes - et aucun diplôme du secteur sanitaire et social.