(2010) Bronchopneumopathie (broncho-pneumopathie) chronique obstructive (BPCO) et troubles anxieux et de l’humeur

Publié le 25.11.2010 | Mise-à-jour le 06.12.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

La détresse psychologique liée à la BPCO est méconnue : quand on ne trouve plus son souffle...


Sept-cent un sujets atteints de BPCO, entrant en réadaptation pulmonaire, ont été sélectionnés pour savoir s’ils présentaient ou non un trouble dit "psychiatrique".

Grâce à une méthodologie rigoureuse ("essai clinique dit randomisé" [1] les auteurs contribuent à mieux reconnaître des symptômes d’anxiété ou de dépression chez ces malades chroniques. Une mesure des capacités psychiques est effectuée : c’est la psychométrie. Les auteurs utilisent pour cela un autoquestionnaire d’évaluation, Hospital Anxiety and Depression Scale, (une échelle de mesure de l’anxiété et de la dépression utilisée aussi en France, Ndlr).

En outre, les co-morbidités (maladies associées) ont été évaluées. On a mesuré aussi chez chacun d’eux la fonction pulmonaire, leur état nutritionnel (en particulier le poids), la forme physique (la capacité à faire des efforts). Les patients ont été interrogés sur l’éventuel tabagisme, leurs symptômes, l’oxygénothérapie au long cours ou bien encore, évidemment, la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques.

L’rinterprétation du questionnaire est le suivant :

  • Les versants anxiété et dépression sont mesurés.
  • 21 points maximum pour chacun.
  • Entre 8 et 10 : état anxieux ou dépressif douteux.
  • Au-delà de 10 : état anxieux ou dépressif certain.

Les patients avaient des scores d’anxiété moyenne de 7,6 et la moyenne des scores de dépression de 7,2. Des scores pour l’anxiété ≥ à 10 étaient présents chez 225 patients (32%) et les scores de dépression ≥ à 10 étaient présents chez 192 patients (27%).

En conclusion, les patients qui déclaraient avoir des signes d’anxiété étaient plutôt des femmes. Ceux à risque de dépression étaient fréquemment amaigris, dyspnéiques (essoufflés) - à un stade avancé de leur maladie. Les uns comme les autres avaient logiquement souvent consommé anxiolytiques ou antidépresseurs.

Les auteurs concluent par le constat qu’un nombre considérable (un tiers) de patients rapportent des symptômes pouvant être rattachés à l’anxiété ou la dépression. Cela pourrait gréver plus encore qu’on ne l’imagine leur état de santé défaillant.


Source : Janssen, D.J., Spruit, M.A., Leue, C., Gijsen, C., Hameleers, H., Schols, J.M., Wouters, E.F., (2010). Symptoms of anxiety and depression in COPD patients entering pulmonary rehabilitation. Chron Respir Dis, 7(3), 147-57


[1] Définition issue de : "Le Granddictionnaire terminologique_ québécois, "Essai clinique comparatif d’une thérapie dans lequel la distribution des sujets dans les groupes comparés composant l’échantillon se fait par aléation (de façon aléatoire en québécois, Ndlr), une méthode qui réduit au minimum le biais relatif à la répartition des sujets".