(2010) "Coopérations entre professionnels de santé" : délégation de tâches, nouveaux métiers

Publié le 08.06.2010 | Mise-à-jour le 04.04.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Devant le nombre croissant de patients malades de façon chronique, de nouvelles formes de coopération verront bientôt le jour en France


Les malades chroniques demandent un suivi régulier. Certaines tâches seront un jour partagées. L’expression admise en France en juin 2010 est "Coopération entre professionnels". Après des hésitations, "Délégation de tâches" a été abandonné, car cette expression ne portait pas en elle la création de tâches nouvelles. "Les coopérations..." traduisent mieux ce que l’anglais skill mix comporte en lui : le mélange de compétences.

C’était l’expression utilisée dans les premiers rapports, en ligne sur le site de la Haute autorité de santé, depuis 2003. Que ce soient un gestionnaire de cas (Case manager Case manager Administrateur de la gestion des cas, coordonnateur de soins, responsable de l’organisation du Case management (voir ce terme dans le glossaire). ) en maison de santé, pour effectuer ce qu’on appelle en anglais le Case management Case management Ce terme de gestion peut être défini en santé comme l’ensemble des fonctions assurées par une personne chargée de coordonner les besoins, la stratégie, les interventions auprès des différents intervenants. , des assistants de soins médicaux, des gestionnaires de maison, le nombre de professions dans le domaine de la santé va croître.

L’idée première est de proposer un service efficace d’approche centrée sur le patient Approche centrée sur le patient Modèle d’organisation des soins et des services en établissement de santé dans lequel tant l’environnement physique que l’organisation du travail sont étroitement adaptés aux besoins de la clientèle. en soins de premiers recours Soins de premiers recours En France, en 2009, on définit l’offre de soins ambulatoire du médecin généraliste par l’offre de soins de premier recours, qu’il accomplit en "assurant pour ses patients la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi des maladies ainsi que l’éducation pour la santé". Les soins de premiers recours représentent donc le point d’entrée dans les soins (voir : soins de santé primaires, dans le GLOSSAIRE) (soins de santé primaires Soins de santé primaires Equivalent en français de "Soins de premier recours". Ce terme issu de la littérature anglaise (primary care) désigne les soins de première ligne, porte d’entrée vers tous les soins plus spécialisés. Voir le Glossaire. ). Après quelques années de réflexion, c’est par "coopération" qu’on entend désigner ce type d’équipe.

En amenant plus de souplesse dans les tâches jusqu’alors dévolues au seul médecin, ou non encore créées, on compte obtenir plus d’efficience Efficience "Dimension économique de l’efficacité pratique où les conséquences - ou les résultats - d’une intervention sont reliés à l’utilisation qui est faite des ressources"[...]. dans la prise en charge des maladies chroniques.

Auprès des patients, des infirmiers, d’autres paramédicaux et bien des spécialistes de la gestion mettront en place la coordination Coordination de soins ou la surveillance de paramètres, connues comme indicateurs de suivi. La politique de santé évolue. Plusieurs expérimentations, observées, évaluées, ont été menées avec un certain succès sur :

  • des actes techniques effectués par un "professionnel paramédical" (échographie, échocardiographie, explorations fonctionnelles digestives) ;
  • des actes médico-techniques (suivi de prescription médicale comme chimiothérapie à domicile) ;
  • des actes médicaux (consultations de prévention et de dépistage pour le suivi de pathologies chroniques).

C’est un changement profond des mentalités et le colloque singulier, très particulier à la France, n’est pas suffisant. Ce terme désigne la rencontre entre un professionnel et un patient. Il s’agit de deux individus. Aussi essentiel soit-il, il s’éclipse dans la prise en charge d’un patient malade chronique ou bien quand on examine les besoins en soins d’un groupe de personnes malades d’une même affection. Si l’on raisonne sur le plan de la population, une équipe pluridisciplinaire est prouvée être plus efficiente. La loi dite HPST de 2009 [1] donne le coup d’envoi de ces nouvelles pratiques. Elle prévoit dans son article 51 "ces transferts de tâches" hors du cadre expérimental.

Selon le numéro spécial de Actualité et dossiers en santé publique (Adsp) de 2010, ces nouvelles formes de coopération répondaient aussi, initialement, à une triple nécessité :


Source :

Actualité et dossier en santé publique n° 70 (2010), Voir le sommaire de : ADSP Dossier Évolution des métiers de la santé : coopérations entre professionnels sur le site de la documentation française.

Voir aussi sur le site de la Haute autorité de santé (HAS) ?