(2010) Hémoglobine glycosylée (ou glyquée, HbA1c) : taux minimal requis pour la prise en charge d’un diabétique de type 2 ?

Publié le 15.10.2010 | Mise-à-jour le 25.05.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Phrase provocatrice de la conclusion d’une vaste étude, alors qu’on ne veut pas voir l’HbA1c [1] dépasser un seuil maximal de 7 à 7,5 % [2]  ; l’hémoglobine glyquée qui est la valeur de référence dans ce domaine, permet de savoir quelle a été la glycémie sur les 120 derniers jours


Devra-t-on désormais être si attentif à l’hypoglycémie qu’on prendra le risque d’une hyperglycémie au long cours ? Non, on se situera dans un équilibre plein de bon sens, selon une étude statistique récente. Elle fait du bruit car elle est parue dans le journal médical en langue anglaise le plus célèbre au monde : The Lancet. L’équilibre glycémique sera de plus en plus recherché avec prudence : hyperglycémie (trop de "sucre" dans le sang) et hypoglycémie (pas assez de glucose dans le sang) sont aujourd’hui les deux déséquilibres redoutés des professionnels.

Or toutes les recommandations demandent aux soignants et aux malades d’être attentifs à l’hyperglycémie au long cours. L’hémoglobine glycosylée, qui est la valeur de référence dans ce domaine, permet de savoir quelle a été la glycémie sur les 120 derniers jours : sa valeur augmente ainsi avec la fréquence des épisodes d’hyperglycémie sur cette période.

Les médecins ont le devoir de traiter, de surveiller et d’éduquer le patient diabétique. Alors que le malaise hypoglycémique peut être gravissime dans l’immédiat, laisser des séquelles ou conduire à une mort prématurée, l’hyperglycémie est toxique au long cours pour l’organisme entier (maladies cardiovasculaires, notamment, avec leur cortège de complications parfois brutales).

Une étude importante par l’ampleur de la cohorte étudiée (rétrospective d’un nombre considérable de personnes de plus de 50 ans ayant un diabète de type 2) suggère en conclusion que le taux de HbA1c optimal pourrait être compris entre 7 et 8 %.

C’est durant 22 ans que ces dizaines de milliers de personnes ont été suivies - recrutées parce que leur médecin avait intensifié leur traitement antidiabétique. La moitié était sous insuline (hormone pancréatique injectée chaque jour), l’autre moitié sous deux médicaments antidiabétiques oraux. Selon les auteurs, une courbe en U de la mortalité montrait une surmortalité aux extrêmes :

  • par hypoglycémie (HbA1c < 7 %), (aiguë) ;
  • et hyperglycémie (HbA1c > 8 %), (par complication cardiovasculaire, le plus souvent chronique, Ndlr).

Cette courbe a nettement montré que le point d’équilibre se situait statistiquement pour une HbA1c à 7,5 %., valeur pour laquelle la mortalité la plus faible a été constatée, et ce quel que soit le traitement.


Source Currie CJ, Peters JR, Tynan A et al. (2010). Survival as a function of HbA1c in people with type 2 diabetes : a retrospective cohort study, Lancet, 375, 481–9


Voir aussi nos entrées Chronisanté :

Télémédecine, surveillance de la glycémie

Psychologie Psychologie , HbA1c, élément de conversation

Économie, prise en charge Disease management disease management Etats-Unis : le Disease Management est un système coordonné d’intervention et de communication en matière de soins, dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif. Pour une histoire documentée du concept, voir le Glossaire. , HbA1c, élément de suivi


[1] L’hémoglobine glycosylée ou hémoglobine glyquée, qui est la valeur de référence dans ce domaine, permet de savoir quelle a été la glycémie sur les 120 derniers jours (durée de vie des hématies - globules rouges) : sa valeur augmente ainsi avec la fréquence des épisodes d’hyperglycémie sur cette période. Elle est la preuve de la fixation du glucose sur la globine (protéine) de hémoglobine, augmentant en cas d’hyperglycémie.

[2] Et même en France 6,5%, au début de la maladie, chez un patient le plus souvent jeune (voir aussi selon le type de diabète et son traitement), m-à-j le 14 mai 2013, selon la Fédération internationale du diabète (FID) (International diabetes fédération (IDF)). Voir des précisions sur le site de l’Association française des diabétiques.