(2010) Impact des "comorbidités" dans la prise en charge thérapeutique de l’insuffisant cardiaque

Publié le 14.12.2010 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Un article destiné aux médecins généralistes détaille la complexité de la plupart des cas cliniques rencontrés et le point de vue du cardiologue


L’auteur, cardiologue, détaille la prise en charge médicale des patients insuffisants cardiaques, le plus souvent âgés. Lorsque ces derniers présentent une polypathologie, c’est à dire un état chronique complexe et "invalidant" (ALD n° 32), les médicaments prescrits et indispensables sont délicats à manier. La surveillance du bénéfice attendu des traitements, comme celle des interactions médicamenteuses est indispensable.

Pour mémoire et pour illustrer la pertinence de la signalisation de cet article issu de La Revue du Praticien dans Chronisanté, les affections qui suivent sont fréquemment entremêlées et l’on parle de "comorbidités" ou de maladies associées. Elles correspondent, quand elles sont isolées, aux affections de longue durée (ALD) suivantes :

  • insuffisance cardiaque (ALD n° 5) ;
  • diabète (ALD n° 8) - un tiers des insuffisants cardiaques ont un diabète, le diabète est le lit de la cardiopathie coronaire (ALD n° 13) ;
  • insuffisance rénale (ALD n° 19) - mauvais pronostic de l’insuffisance cardiaque ;
  • hypertension artérielle (ALD n° 12 [1]) quand elle est sévère - ses liens avec l’insuffisance cardiaque par athérome puis artériosclérose sont forts ;
  • on peut ajouter à cette liste la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) (ALD n° 14 au stade d’insuffisance respiratoire grave ).

En cas d’insuffisance rénale, cause du défaut d’élimination du médicament la plus fréquente, certaines posologies doivent être abaissées. Selon l’altération de la fonction rénale, la plupart des médicaments à visée cardiovasculaire doivent être modulés avec précaution : inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), bêta-bloquants, antagonistes des récepteurs à l’angiotensine 2 (ARA2), digoxine (à diminuer fortement). Sont détaillées aussi les médications sans modulation : antiagrégants plaquettaires, dérivés nitrés...), celles à éviter (diurétiques).

Chez les patients ayant une BPCO, les bêtabloquants peuvent être essayés et leur dose modulée en fonction de la tolérance clinique. (Chez les asthmatiques, ils restent bien sûr contre-indiqués).

Le médecin généraliste peut être amené à réadapter la prescription du cardiologue. L’auteur, reprennant les recommandations européennes, met en garde sur la nécessité de mieux connaître les problèmes posés par la polymédication (polythérapie dans l’article) nécessaire à l’équilibre du patient. Il insiste sur la coordination Coordination qu’impose le suivi régulier des patients par les différents intervenants. Il tente de rendre encore plus rigoureuse la prise en charge de patients "malades chroniques insuffisants cardiaques" par des données factuelles (tableaux indicatifs).

Ainsi, on peut se demander : comment gérer des programmes de Disease management disease management Etats-Unis : le Disease Management est un système coordonné d’intervention et de communication en matière de soins, dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif. Pour une histoire documentée du concept, voir le Glossaire. à la française (ou d’accompagnement, tels que Sophia Sophia A son origine (2007), programme d’accompagnement des patients atteints de diabète (Disease management à la française). ) qui ne prendraient pas en compte le sujet dans sa "globalité" ? (Ndlr)


Source :

Laperche, T., (2010), Impact des comorbidités dans la prise en charge thérapeutique de l’insuffisance cardiaque. La revue du praticien, 60, 955-9.

Voir aussi nos entrées Chronisanté :


[1] Ce concept est récemment remis en cause (été 2010), quand l’hypertension artérielle est vraiment isolée...