(2010) Stratégie suite à l’exacerbation d’une bronchopneumopathie (broncho-pneumopathie) chronique obstructive (BPCO)

Publié le 20.04.2010 | Mise-à-jour le 03.11.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Prise en charge de la maladie respiratoire chronique : réhabilitation respiratoire précoce suite à l’exarcerbation, phénomène aigu


Alors que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et ses complications infectieuses aiguës représentent, selon les auteurs suisses, une charge financière considérable pour les systèmes de santé, ils déplorent le peu d’informations publiées et donc l’absence de recommandations fiables concernant leur prise en charge après hospitalisation pour exacerbation (qui signifie aggravation brutale des symptômes nécessitant de nouveaux traitements).

Comment gérer le soin à ces malades chroniques atteints de BPCO, avec la meilleure qualité, celle qui va permettre d’éviter les récidives de ces événements aigus précipitant l’insuffisance respiratoire ?

On rappelle qu’il existe la classification GOLD (pour Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease) de la BPCO, sur une échelle de 0 à 5, de 0, "Sujet à risque de BPCO" à "Sujet avec une BPCO très sévère" (c’est à dire avec insuffisance respiratoire grave).

Après exacerbation et hospitalisation, les recommandations préconisent un suivi post-hospitalisation de 4 à 6 semaines avec :

  • une évaluation des stratégies d’adaptation, dont le coping [1] ;
  • l’apprentissage de meilleures techniques d’inhalation des médicaments (notamment les bronchodilatateurs et les corticoïdes) ;
  • la nécessité d’une oxygénothérapie à court terme et/ou à long terme ;
  • la mesure de paramètres objectifs grâce à la spirométrie [2].

Cette revue bibliographique aborde le suivi des patients avec des exacerbations de BPCO, l’utilisation et l’intérêt de la spirométrie dans leur gestion ultérieure, les avantages potentiels de la surveillance à domicile, l’intérêt à long terme de l’oxygénothérapie adaptée, et surtout les programmes de soins autogérés (autosoins Autosoins Stratégie acquise par le patient pour gérer sa santé en vue de l’améliorer. Le malade apprend à s’autosoigner. , autoprise en charge). L’utilisation de "plans d’action", tels qu’on les conçoit pour la gestion des maladies chroniques est évoqué, ainsi que le modèle de soins aux malades chronique (voir notre entrée Chronisanté sur le modèle de Wagner).

Le bénéfice potentiel de la ventilation non invasive ainsi que la valeur de la réadaptation précoce est essentiel (cette réadaptation comprend la maîtrise de l’essouflement, le réentraînement physique, la gestion des actes de la vie quotidienne, la kinésithérapie respiratoire l’éducation thérapeutique, l’arrêt du tabac, etc., Ndlr). Cette prise en charge multidisciplinaire, très complexe, le plus souvent en centre spécialisé, semble primordiale, selon les données actuelles de la science.

L’article n’évalue pas économiquement ces soins coûteux. Cependant, selon les auteurs de cet article publié en 2010, la littérature ne permet pas de dégager des recommandations spécifiques et de définir les éléments d’un plan de soins après une hospitalisation pour une exacerbation aiguë, sauf celles concernant la réadaptation précoce dont le but est l’acquisition de plus d’autonomie et d’une meilleure qualité de vie Qualité de vie Aux confins du social et du psychologique - ou de "l’individuel", la qualité de vie liée à la santé est multidimensionnelle. .


Sources : Osthoff, M., Leuppi, J.D., (2010) Management of chronic obstructive pulmonary disease patients after hospitalization for acute exacerbation. Respiration. 79(3) : p. 255-61.

Voir aussi : Haute autorité de santé (HAS), (2006) ALD 14 Voir en particulier, la liste des prestations et actes, mis à jour en mars 2010. Il y est écrit : Réhabilitation respiratoire : (Séances de réentraînement à l’exercice avec ergomètre, Éducation thérapeutique, Prise en charge nutritionnelle et psychologique, Articulation avec une prise en charge sociale. Il y est noté que la réhabilitation respiratoire est une prestation "dont le remboursement n’est pas prévu par la législation".


[1] La façon dont le patient fait face à sa maladie.

[2] Exploration fonctionnelle respiratoire, faite en centre spécialisée ou pour certains paramètres, en ambulatoire, voire à domicile (ou en télémédecine, Ndlr). La mesure des paramètres de base correspond à la mesure du degré d’obstruction des bronches[[. A la maison, par exemple, on peut mesurer l’équivalent du Volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS), un peu différent du FEV1, F pour "forcé" dans cet article - FEV1 pour Forced Expiratory Volume in 1 second.