(2011) Adepte soumis à un racket : tel est un cancéreux pris en charge par des charlatans

Publié le 17.06.2011 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

La Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) : dangers pour la santé des individus fragiles


Le cancer a été pris comme l’exemple de la maladie qui fait peur, qui rend l’individu atteint désemparé : "Pourquoi moi ?". Parfois sans fondement, parce que le mot choque.

Concernant la santé, thème toujours présent dans le rapport annuel de la Miviludes, les auteurs dénoncent les alternatives à la cancérologie classique.

Le malade atteint de cancer se tourne dans plus d’un quart des cas vers des médecines non conventionnelles : "complémentaires et alternatives", comme le disent les Anglo-saxons, ce qui signifie bien sûr que les secondes excluent la médecine allopathique, comme la cancérologie (ou l’oncologie). C’est là surtout où le bât blesse, quand le patient choisit une alternative à un traitement classique. Les thérapeutiques complémentaires, dites "douces", à base de plantes peuvent, elles aussi, être dangereuses, quand elles entrent en interaction avec les médicaments anti-cancéreux.

La Miviludes dénonce alors la perte de chance [1] pour le patient victime.

La parution du rapport 2010 de la Miviludes mi juin 2001 coïncide avec la loi de juin 2001 [2].

Deux autres études paraîtront cette année sur le thème des dérives sectaires dans le champ de la santé et on y trouvera :

  • "d’abord la nécessaire mise en garde contre les sollicitations à caractère sectaire auxquelles peuvent être exposés les malades atteints de cancer ;
  • ensuite, les difficultés présentées par l’enseignement et par la formation à des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique."

Pour avoir un aperçu des pseudo-thérapies "alternatives" dans le traitement des patients atteints de cancer, on peut se reporter au rapport de 2009, ayant fait l’objet d’un article dans Chronisanté.

Un autre grand sujet en 2012 : l’apocalypse ! Basé sur les civilisations précolombiennes (les Mayas !) comme sur des événements astronomiques réels, le thème de la fin du monde a pris une grande place dans les discours des charlatans.


Source :

Miviludes, Rapport au Premier ministre 2010.

Voir nos entrées Chronisanté :

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[1] Selon le rapport 2009 de la Miviludes "au sens d’un préjudice résultant de la disparition de la probabilité d’un événement favorable". Cette définition est issue du monde juridique, et implique que l’événement favorable apporte un bienfait supplémentaire au patient, qu’il ne subisse aucun "dommage" réel, ni aucun "préjudice".

[2] Loi n°2001-504 du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales renforçant la vigilance contre les dérives sectaire, dite loi About-Picard. Avant cette date, on avait créé la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils) qui, malgré des critiques quand à sa dénomination, réussit à s’imposer et s’adapter... en Miviludes.