(2011) Coûts du suivi trimestriel par bilans réguliers d’adultes consommateurs de drogues

Publié le 14.10.2011 | par Hélène Fagherazzi-Pagel , Laurent Panes

Faisabilité d’une diffusion bien plus large du modèle Recovery Management Checkups (RMC), économiquement valide


Ou comment une prise en charge régulière est importante pour le "rétablissement" d’un malade chronique victime d’addictions.

Aux États-Unis, un des modèles de prise en charge du patient toxicomane est celui de l’Outcome management (OM). Celui-ci s’appuie sur le patient toxicomane qui évalue lui-même ses symptômes et gère son traitement (c’est-à-dire son retour auprès des soignants).

Un nouveau modèle, appelé Recovery Management Checkups (RMC) consiste en une rencontre trimestrielle programmée afin de faire le point sur tous les aspects de la prise en charge. On soutient le patient dans sa trajectoire (autosoins Autosoins Stratégie acquise par le patient pour gérer sa santé en vue de l’améliorer. Le malade apprend à s’autosoigner. , observation de symptômes).

Le but des RMC

  • réduire la durée de l’espacement des consultations (intervenir avant la rechute pour la reprise plus rapide d’un traitement) ;
  • augmenter l’adhésion du patient aux traitements ;
  • améliorer la prise en charge à long terme du patient toxicomane.

Calcul des coûts

L’ajout du RMC à l’OM crée une augmentation des coûts de l’intervention totale d’environ 50% par personne et par an (707 $ à 1283 $) et par trimestre : 177 $ à 321 $.

Il revenait en moyenne à 834 $ pour identifier une personne "en rechute" et 2699 $ pour identifier, "mettre en relation" le malade avec les soignants, les soins et les traitements.

Conclusion

L’augmentation des coûts par le RMC et ses visites/bilans trimestrielles est modeste par rapport aux coûts sociétaux importants occasionnés par les toxicomanes chroniques :

  • qui retournent à une utilisation régulière de drogues ;
  • entraînant criminalité et bien d’autres comportements à risque (accidents sérieux, conflits dans le milieu professionnel ou familial, besoin de soins urgents).

Un nombre important d’études démontre que les soins aigus des toxicomanes excèdent toujours financièrement leur prise en charge chronique, préventive et curative au long cours (le care ou le "prendre soin de" anglais).

Le RMC détecte très tôt les rechutes, facilite l’enrôlement rapide dans un protocole thérapeutique et diminue les "externalités négatives [1]".


Source :

Dennis, M.L., French, M.T., McCollister, K.E., Scott, C.K. (2011), The economic costs of quarterly monitoring and recovery management checkups for adults with chronic substance use disorders. J Subst Abuse Treat, 2011, 41(2), 201-7.


[1] Terme d’économie désignant ici, grossièrement, les effets secondaires des décisions du soignant (ou de la société ) - de "l’un" (ou de "l’une") - sur les dépenses occasionnées, pour lui-même (et pour la société) par le malade toxicomane chronique - par "l’autre".