(2011) "Difficultés de la prise en charge du patient âgé en médecine d’urgence"

Publié le 07.09.2011 | Mise-à-jour le 06.07.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Tel est le titre d’un article qui décrit comment et pourquoi le grand âge, dans l’urgence, rend complexe toute prise en charge


Être rapide alors que tout paraît long : l’écoute de la narration du passé médical, la quête d’information si l’on n’y parvient pas, les prises de décision une fois le(s) diagnostic(s) posé(s). Être efficace malgré le phénomène de vieillissement, de la souffrance ou de la fin de vie...

La littérature prouve combien accueillir une personne âgée malade est complexe : embrasser tout son passé médical semble impossible, faute de temps. Il faut intervenir sans "risquer de faire prendre des risques" à la personne soignée. Mission artificielle, quand la situation d’une personne âgée, selon les auteurs est représentée par :

  • la vulnérabilité liée à l’âge ;
  • la sévérité de la/des pathologie(s) l’amenant dans ce service ;
  • et la polypathologie sous-jacente...

Laissons parler les auteurs (résumé d’article) : " (...) le caractère d’urgence expose particulièrement les patients âgés à des difficultés dans la performance diagnostique autant qu’à un risque iatrogène qui se rencontre d’ailleurs durant tout le parcours de soins de ces patients vulnérables."

Cet article reprend la plupart des événements indésirables qui peuvent survenir quand on prend en charge en urgence une personne âgée. En voulant intervenir, on aggrave la santé défaillante... C’est la iatrogénie.

Les soignants n’ont pas toujours la possibilité de joindre un médecin référent Médecin référent Omnipraticien qui a la responsabilité du suivi de ses patients et qui les dirige, au besoin, vers un spécialiste ou un hôpital. Un accès obligatoire, filtré vers les services spécialisés est aussi appelé « contrôle d’accès » (Gatekeeping) en anglais. Le médecin référent est choisi par le patient. ou un "aidant naturel Aidant naturel Les aidants dits naturels ou informels sont les personnes non professionnelles qui viennent en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage pour les activités de la vie quotidienne (...). ".

Être âgé n’est cependant pas une "maladie chronique" ! Mais être âgé augmente bien sûr le risque de polypathologie... L’âge qui avance devient un danger. En s’y "exposant" (!), on prend le risque d’être plus souvent malade (Ndlr). Logiquement, les personnes âgées sont donc surreprésentées dans les services d’urgence...

A l’heure où un urgentiste est mis en cause puis inculpé pour un acte 0(illégal) d’euthanasie réalisé seul sur des patients âgés dans son service, cette mise au point est d’actualité (médecin mis en examen le 12 août 2011 pour plusieurs empoisonnements sur "personnes particulièrement vulnérables" (Ndlr)).


Source :

Référence bibliographique

  • Forest, A., Cohen-Bittani, J., Ray, P., Boddaert, J., Difficultés de la prise en charge du patient âgé en médecine d’urgence. Les Cahiers de l’année gérontologique 2011, 3(2), pp. 43 -7.

Voir aussi nos entrées Chronisanté :

Polypathologie, complexité

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