(2011) Fragilité, pré-fragilité des personnes âgées : repérage et prise en charge

Publié le 12.06.2012 | Mise-à-jour le 26.04.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Perte de poids involontaire, fatigue, lenteur de la marche, diminution de la force musculaire, sédentarité : cinq critères diagnostiques (voir l’acvronyme Frail en anglais, ci-dessous)


Ce sont les patients âgés dépendants atteints de polypathologie qui sont le plus souvent orientés en gérontologie. Or la pré-fragilité et la fragilité de la personne âgée représentent d’autres tableaux cliniques sur lesquels la pratique gériatrique pourrait intervenir en visant la réversibilité.

Dans son article, Morley de l’Université de Saint Louis en France modélise ces syndromes. On note ici que le fait de donner un nom à ces tableaux bien connus permet d’alerter sur la prévention (secondaire, c’est à dire éviter les complications irréversibles), Ndlr.

Avant lui, Fried avait distingué les cinq critères suivants (appliqués le plus souvent à des études épidémiologiques) :

  • la perte de poids involontaire, dénutrition, voire cachexie ;
  • la fatigue ;
  • une lenteur de la marche ;
  • une sarcopénie évidente (diminution du volume de la "masse maigre" musculaire, représentée en particulier par une diminution de la force musculaire) ;
  • la sédentarité.

Trois de ces items définissent la fragilité. Si le patient âgé présente un seul de ces critères, il est dit pré-fragile...

Sont cités Rockwod et al.qui ont développé un indice de fragilité qui inclut un grand nombre d’entrées à des fins épidémiologiques en population générale. Elles ont été développées dans la grande étude canadienne sur le vieillissement et la santé (Canadian Study of Health and Aging (CSHA)). L’échelle compte 70 items divisés en symptômes, signes cliniques, incapacités, maladies. La sphère cognitive est également évaluée...

Une autre définition a été mise au point à partir d’études épidémiologiques sur l’ostéoporose (déminéralisation des os et propension à la fracture). Leurs modèles : la perte de poids, la fatigue et les difficultés pour se lever cinq fois d’une chaise...

A savoir : les personnes âgées fragiles et pré-fragiles ont tendance à rester à domicile et vont peu vers les systèmes de soins.

John Morley propose alors une échelle, la Frail scale en collaboration avec l’International Association of Nutrition and Aging (IANA).

  • F pour la fatigue ;
  • R pour la résistance (capacité de monter un escalier) ;
  • A pour Ambulation (capacité de marcher à l’extérieur, traduit par A comme "aérobie" en français...) ;
  • I pour maladies - (Illnesses) (5 ou plus) ;
  • L pour perte de poids (Loss of weight) (supérieure à 5% par rapport à l’année précédente).

Si le sujet a un ou deux de ces critères, il est "pre-frail" (pré-fragile) ; s’il a trois de ces critères, il est dit fragile.

Conduite à tenir :

  • prendre en charge la fragilité par une évaluation gérontologique spécialisée ;
  • prévenir évidemment la dépendance ;
  • faire des actions d’éducation thérapeutique du patient (il peut encore s’autonomiser) ;
  • mettre en place des secteurs spécialisés - comme le gérontopôle de Toulouse, signalé par l’auteur.

Voir ce résumé dans RefDoc :

Morley, J. E., (2011), Diagnostic et prise en charge de la fragilité (dans Refdoc.fr pour commander), Age & nutrition, 22(3):163-8.