(2011) Le rôle de l’activation du patient dans sa participation aux soins de santé primaires

Publié le 16.01.2013 | Mise-à-jour le 26.03.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Les malades chroniques avec un score d’activation Activation Des auteurs citent Judith Hibbard et ses collègues de l’université de l’Oregon (États-Unis) qui ont conceptualisé le patient activé comme quelqu’un qui sait comment gérer sa maladie, maintenir le fonctionnement de sa santé et empêcher son déclin : celui qui a les compétences et l’éventail comportemental pour se prendre en charge, qui collabore avec ses fournisseurs de soins pour accéder à des soins de qualité. élevé et atteinte cardiovasculaire sont moins susceptibles de fréquenter leur lieu de soin comparativement à ceux avec un diabète


Le vieillissement de la population, l’allongement de l’espérance de vie et les progrès médicaux concourent à la présence croissante d’un plus grand nombre de personnes vivant avec des maladies chroniques.

Objectif

Les auteurs explorent l’impact de l’activation Activation Des auteurs citent Judith Hibbard et ses collègues de l’université de l’Oregon (États-Unis) qui ont conceptualisé le patient activé comme quelqu’un qui sait comment gérer sa maladie, maintenir le fonctionnement de sa santé et empêcher son déclin : celui qui a les compétences et l’éventail comportemental pour se prendre en charge, qui collabore avec ses fournisseurs de soins pour accéder à des soins de qualité. du patient pour leur autoprise en charge (implication active dans l’autogestion, les autosoins Autosoins Stratégie acquise par le patient pour gérer sa santé en vue de l’améliorer. Le malade apprend à s’autosoigner. ) couplé à l’utilisation des services de santé. Ils identifient aussi les facteurs sociodémographiques (sexe, âge, statut marital et niveau d’étude), physiologiques (maladie(s)), psychologiques, ainsi que la fréquentation des prestataires de soins.

Méthodologie : Queensland, Australie

Les auteurs utilisent des données de l’enquête nationale Evaluation of the Queensland Strategy for Chronic Disease 2005-2015 (QSCD) (évaluation de la stratégie du Queensland face aux maladies chroniques), élaborée en réponse au problème de santé publique croissant en Australie : le fardeau des malades chroniques dans la morbidité [1].

Grâce à des appels téléphoniques assistés par ordinateur, un échantillon aléatoire de personnes atteintes de maladie chronique a été constitué : 1470 personnes avec un diabète ou une maladie cardiovasculaire :

  • diabète ;
  • pré-diabète [2] ;
  • maladie cardiovasculaire [3].

L’enquête propose aux patients de répondre aux questions :

  • du médecin généraliste (General practitionner (GP)) ou médecin de famille) ;
  • du médecin hospitalier ou du spécialiste, ou encore, de quelqu’un d’autre ;
  • ou bien encore : aucune rencontre.
  • 2 - "Fréquence de consultation (spécifiquement pour les maladies chroniques décrites auparavant) ? "
    Les patients ayant une pratique fréquente des lieux de soins étaient ceux qui s’y étaient rendus 12 fois ou plus au cours des 12 mois précédents.

Résultats

Plus les participants à l’enquête sont actifs, moins ils semblent susceptibles de fréquenter leur principal référent - c’est plus souvent vrai pour les maladies cardiovasculaires - après ajustement pour les autres facteurs potentiellement influents tels que :

  • la sévérité de la maladie [4] ;
  • le temps écoulé depuis le diagnostic ;
  • la détresse psychologique.

Les auteurs notent :

  • l’importance des facteurs psychologiques ;
  • aucune différence hommes femmes (alors que parmi les malades chroniques, dans la population générale, les femmes fréquentent plus souvent les services de santé) ;
  • consultation à la même fréquence pour globalement l’une ou l’autre des affections étudiées ;
  • les patients consultent dans leur grande majorité leur généraliste, les cardiaques vont plus fréquemment chez leur spécialiste ;
  • association entre stade d’activation élevé et présence plus fréquente des deux maladies chroniques ;
  • activation du patient indépendamment associée à des taux plus faibles de consultation chez les personnes atteintes d’une affection cardio-vasculaire comparativement au diabète.

Disease management disease management Etats-Unis : le Disease Management est un système coordonné d’intervention et de communication en matière de soins, dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif. Pour une histoire documentée du concept, voir le Glossaire.

Il n’est pas surprenant de constater que les personnes diagnostiquées avec une maladie chronique sont des utilisateurs plus fréquents du système de santé que les personnes sans maladie chronique... Ceux qui ont des problèmes de santé physique complexes, y compris des maladies chroniques, trouvent des solutions à leur présence fréquente auprès de ceux mettant en œuvre des modèles efficaces de Disease management, incluant l’amélioration de l’autogestion.

Ce concept de prise en charge - des maladies chroniques - est "dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif", voir notre Glossaire Chronisanté [5].

L’activation par le patient est au cœur de l’autogestion

Les auteurs citent Judith Hibbard et ses collègues de l’université de l’Oregon (États-Unis) qui ont conceptualisé le patient activé comme quelqu’un qui sait comment gérer sa maladie, maintenir le fonctionnement de sa santé et empêcher son déclin : celui qui a les compétences et l’éventail comportemental pour se prendre en charge, qui collabore avec ses fournisseurs de soins pour accéder à des soins de qualité. L’activation a été mesurée par leur test de psychométrie abrégé, avec 13 items (version abrégée de la Patient Activation Measure (PAM) : il mesure les connaissances des participants, ses compétences et sa confiance [6].

Près de la moitié (46,6%) des participants atteints de diabète / prédiabète et 38,1% de ceux du groupe de maladies cardio-vasculaires étaient au plus haut niveau d’activation

Limites

  • Données transversales et donc : causalité non déterminée.
  • Biais de rappel (imprécision de l’auto-évaluation de l’utilisation des services de santé par le patient).
  • Validité de certaines mesures (gravité) [7].
  • Comorbidité des maladies chroniques (maladie chronique sélectionnée au hasard par conséquent, certains participants auront d’autres comorbidités qui n’ont pas été prises en compte dans la modélisation).

Objectif principal

Rappel : étudier l’association indépendante entre l’activation des patients et la fréquence des visites au fournisseur de soins principal (Consulter 12 fois par an pour un diabète débutant est une des recommandations des experts australiens, quatre visites par an quand l’équilibre glycémique est obtenu : cela cadre avec l’augmentation de la fréquence des visites au cours des 24 premiers mois après le diagnostic de diabète.).

L’amélioration de l’activation des patients a pour but de réduire l’utilisation des services de santé et de réduire ainsi les coûts. Réaliser cet objectif est équivoque. Une récente méta-analyse d’essais cliniques contrôlés et randomisés [8] n’a révélé aucun changement dans le nombre de visites après participation des patients à des programmes d’autogestion. Cependant, rendre le patient acteur permet heureusement plus souvent de répondre à ses besoins.

Implications pratiques

Facettes importantes, susceptibles d’influer sur les taux d’utilisation des services de santé :

  • l’autosurveillance ;
  • des modifications de mode de vie, plus salutogènes ;
  • l’observance du traitement ;
  • l’adaptation des attentes en matière de santé.

Conclusion

L’activation par le patient en vue de l’autogestion doit rester un élément central de la prise en charge des maladies chroniques.

Pourquoi une personne sur trois atteinte de diabète dépasse-t-elle le nombre recommandé de visites à son "fournisseur de soins de santé" principal ?


Source

Donald, M., Ware, R. S., Ozolins, I. Z., Begum, N., Crowther, R., Bain, C. (2011), The role of patient activation in frequent attendance at primary care : a population-based study of people with chronic disease. Patient Educ Couns, 83(2):217-21.

Voir aussi nos entrées Chronisanté

1 - Thérapie d’activation

2 - Comorbidité : diabète et maladie cardiovasculaire, rôle de l’HbA1c...


[1] Indicateur de mesure de la fréquence des maladies ou des états de mauvaise santé d’une population (…). Voir le Glossaire multilingue de la Banque de données en santé publique (BDSP)

[2] C’est-à-dire : taux élevés de sucre (glucose) dans le sang, mais sans confirmation de diabète sucré.

[3] Crise cardiaque (infarctus), angine de poitrine, rythme cardiaque irrégulier, arythmie ou extrasystoles, maladies du myocarde ou des artères coronaires (maladie coronarienne), athérosclérose, thrombose, accident vasculaire cérébral ou accident ischémique transitoire (AIT - c’est-à-dire symptôme résolutif signant une maladie oblitérant des artères irrigant l’encéphale).

[4] Un participant est classé comme ayant un diabète sévère s’il a besoin de comprimés antidiabétiques ou d’injections d’insuline et comme diabétique bénin si son état s’est amélioré grâce à des règles hygiéno-diététiques. Un participant est défini comme ayant une maladie cardiaque grave s’il rapporte une intervention chirurgicale, en particulier une angioplastie (cathéter à ballonnet, stent), une réparation ou remplacement valvulaire, la pose d’un stimulateur cardiaque (pace-maker), une intervention à cœur ouvert (pontage ou dérivation) ou autre…

[5] [Le secteur des soins de premier recours est une partie intégrante de cette réorientation vers plus d’activation du patient et propose un traitement continu de qualité pour gérer la prise en charge des personnes atteintes de maladie chronique. La proactivité du soignant et du soigné (comprenant l’autoresponsabilité du patient, sa responsabilisation, ou empowerment - prise de responsabilité, de pouvoir - en anglais) est également signalée comme une règle.

[6] Les quatre niveaux sont les suivants : Stade 1 : les gens ne se sentent pas suffisamment en confiance et sont des bénéficiaires de soins passifs. Stade 2 : les personnes manquent de confiance et manquent de compréhension (prise de médicaments, par exemple, c’est à dire : observance thérapeutique). Dans l’enquête, stades 1 et 2 ont été regroupé (activation moindre). Stade 3 : les sujets connaissent les faits essentiels et commencent à commencent à prendre des mesures, mais peuvent parfois manquer de confiance et de compétences pour aller au bout des choses. Stade 4 : connaissances, compétences et confiance sont présents, bien qu’en situation de crise , comme l’aggravation de leur état de santé ou la détresse psychologique - mesurée grâce à l’échelle de Kessler qui avec un score d’au moins 13 évalue l’état psychique du patient comme problématique, ils peuvent être démunis.

[7] Il est possible qu’une classification erronée de sévérité de la maladie a pu se produire, soit par maladie potentiellement grave classée à tort comme bénigne dans le cas où aucune intervention chirurgicale n’a eu lieu, ou, d’autre part, il est possible que l’intervention chirurgicale dans les cas de maladie grave ait amélioré les symptômes cliniques, jusqu’à rendre le patient stable, entraînant une baisse de la fréquentation du (des) médecins (s).

[8] Randomisation : échantillonnage, au hasard, l’un des premiers gage d’objectivité. Ces études sont d’un haut niveau de preuve scientifique : échantillon aléatoire de patients (étude randomisée), sans que les professionnels ne connaissent le groupe d’appartenance des sujets (à l’aveugle), et en comparant à des patients non suivis (étude contrôlée).