(2011) Les patients non assurés (Etats-unis) révèlent leurs compétences en autosoins (hémoglobine glycosylée (ou glyquée HbA1c) de 7 % ou moins, ou récente amélioration ?)

Publié le 04.08.2011 | Mise-à-jour le 26.04.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Les clés du succès de l’auto-prise en charge : le soutien social, l’apprentissage par l’observation et les "retournements de situation"


Le diabète est une maladie chronique au coeur de toutes les expérimentations ou programmes qui s’accordent tous sur des objectifs cliniques et d’hygiène de vie.
Exemples :

  • surveillance du taux d’hémoglobine glycosylée (HbA1c [1], ou autre indicateur biologique (lipidémie), programmes de nutrition ou d’exercice physique ;
  • transmission de données à un spécialiste par téléphone portable ;
  • calcul automatique des doses d’insuline, en fonction du profil du sujet ;
  • innovations pour l’automesure de la glycémie, etc. ;

Tous ces paramètres sont actualisés en temps réel dans le monde (Guidelines, c’est-à-dire recommandations), en fonction des données basées sur des preuves, de la médecine factuelle, de la médecine basée sur des faits prouvés (après lecture critique de la littérature scientifique).

Mais des études s’intéressent aussi bien à :

Les malades non assurés aux USA vivent de soins gratuits fédéraux distants et sont difficiles à retrouver afin d’étudier le suivi de leurs soins. On émet l’hypothèse ici que leurs soins reposeraient plus volontiers et logiquement sur l’auto-prise en charge, les autosoins Autosoins Stratégie acquise par le patient pour gérer sa santé en vue de l’améliorer. Le malade apprend à s’autosoigner. .

Pour explorer dans quelle mesure ces patients acquièrent une autonomie pour l’auto-gestion de leur maladie chronique, l’étude a consisté à surveiller les actes de deux groupes distincts de patients non assurés atteints de diabète pendant 6 mois ou plus.

  • (1) Le premier groupe avait rempli avec succès les objectifs définis par les professionnels de santé : hémoglobine glycosylée (HbA1c) de 7 % ou moins, ou récente amélioration d’au moins 2 % (n = 17).
  • (2) Le second groupe avait échoué : HbA1c au moins à 9% (n = 9), sans amélioration récente.

Les patients ont été interrogés sur :

  • leur comportement, géré par des facteurs de motivation ;
  • les ressources et les obstacles à l’autogestion de leur diabète.

Les comptes-rendus d’entretiens comme les données issues de leurs dossiers ont été analysés en utilisant des méthodes qualitatives et des traitements statistiques.

Résultats

Les auteurs précisent l’ethnie des sujets (mention non autorisée en France, nous sommes aux Etats-Unis, Ndlr) :

  • Afro-Américains : 57,7 % de l’échantillon ;
  • Caucasoïdes ("blancs") : 38,5% (N = 26).

Aucune différence significative n’a été décelée entre les groupes ayant réussi ou échoué (âge, "race" - ethnie- , éducation, statut professionnel). Aucun facteur sociodémographique n’était un déterminant de la "santé" de ces diabétiques.

Les patients réussissant l’auto-gestion de leur maladie ont plus souvent déclaré avoir des amis ou de la famille diabétiques ayant retransmis une information fondée sur des stratégies d’autosoins.

Ces patients (groupe "succès") avaient une perception plus juste de leur maladie, et certains événements existentiels les avaient poussés à s’efforcer à s’auto-prendre en charge.

. Conclusions : les patients motivés le furent grâce :

  • à leurs proches et
  • aux événements (négatifs) liés à leur maladie.

Les auteurs suggèrent ainsi de se pencher plus avant sur :

  • l’apprentissage social
  • l’amélioration de la motivation..

Source :

Madden, M.H., Tomsik, P., Terchek, J., Navracruz, L., Reichsman, A., Clark, T.C., Cella, P., Weirich, S.A., Munson, M.R., Werner, J.J., (2011) Keys to successful diabetes self-management for uninsured patients : social support, observational learning, and turning points : a safety net providers’ strategic alliance study . J Natl Med Assoc, 2011. 103(3) : p. 257-64.


[1] Hémoglobine glycosylée : indicateur biologique permettant d’estimer la glycémie des trois derniers mois. Son taux trop élevé témoigne d’rune hyperglycémie toxique chronique.L’hémoglobine glycosylée ou hémoglobine glyquée, qui est la valeur de référence dans ce domaine, permet de savoir quelle a été la glycémie sur les 120 derniers jours (durée de vie des hématies - globules rouges) : sa valeur augmente ainsi avec la fréquence des épisodes d’hyperglycémie sur cette période. Elle est la preuve de la fixation du glucose sur la globine (protéine) de hémoglobine, augmentant en cas d’hyperglycémie.