(2011) Obésité : accompagnement sur le plan comportemental en soins de premier recours

Publié le 12.07.2012 | Mise-à-jour le 13.07.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Prendre en charge activement un patient obèse porte ses fruits : du coaching Coaching Le coaching a pour but de "dynamiser" le patient. Il peut être traduit par "accompagnement. santé aux traitements anti-obésité, tous les moyens étudiés se concentrent sur le "counseling counseling Le counseling désigne en français un accompagnement global, sur le plan psychologique et social : "orienter, aider, informer, soutenir, traiter". "


Un essai clinique rend compte de la comparaison de trois méthodes pour prendre en charge des patients obèses (en soins de premiers recours Soins de premiers recours En France, en 2009, on définit l’offre de soins ambulatoire du médecin généraliste par l’offre de soins de premier recours, qu’il accomplit en "assurant pour ses patients la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi des maladies ainsi que l’éducation pour la santé". Les soins de premiers recours représentent donc le point d’entrée dans les soins (voir : soins de santé primaires, dans le GLOSSAIRE) - soins de santé primaires Soins de santé primaires Equivalent en français de "Soins de premier recours". Ce terme issu de la littérature anglaise (primary care) désigne les soins de première ligne, porte d’entrée vers tous les soins plus spécialisés. Voir le Glossaire. - médecine générale). Aux Etats-Unis, seuls 50 % des médecins généralistes emploient une méthode de type counseling counseling Le counseling désigne en français un accompagnement global, sur le plan psychologique et social : "orienter, aider, informer, soutenir, traiter".  [1].

Cet essai randomisé [2] a comparé la perte de poids au cours d’une période de 2 ans en réponse à trois interventions portant sur le style de vie, toutes trois délivrées par les médecins généralistes, en collaboration avec des "professionnels de santé auxiliaires" (coaching Coaching Le coaching a pour but de "dynamiser" le patient. Il peut être traduit par "accompagnement. ).

Il démontre que :

  • plus on s’occupe de l’individu (en terme de fréquence) ;
  • de son régime alimentaire (et parfois de ses repas) ;
  • de son activité physique ;
    plus il a de chance de maigrir.

L’étude en bref :

  • 390 adultes obèses (Indice de masse corporelle IMC [3] >30) ;
  • IMC moyen = 38,5 ± 4,7 Kg/m2, c’est-à-dire à haut risque (diabète, prédiabète, maladie cardiovasculaire) ;
  • comptant 79,7% de femmes ;
  • présentant un syndrome métabolique (risque cardiovasculaire) [4]
    ont été inclus et répartis aléatoirement dans l’un des trois groupes constituant l’essai clinique. Plusieurs méthodes "thérapeutiques" sont décrites ci-après.
  • Groupe 1 : les soins usuels (n=130) : éducation thérapeutique du patient (ETP) chaque trimestre : repas, incitation aux changements d’habitudes de vie.
  • Groupe 2 : coaching santé spécialisé dans l’obésité, counseling [5] (aide au changement de comportement pour contrôler le poids) : une fois par trimestre.
  • Groupe 3 : séances de counseling renforcé, apport de substituts de repas ou traitements médicamenteux anorexigènes (qui diminuent l’appétit) : Orlistat [6] et Sibutramine (Médicament interdit en Europe, Ndlr).

Parmi 390 participants, 86 % ont été suivis pendant 2 ans.

C’est (logiquement ?) le groupe 3 qui a obtenu les meilleurs résultats (en perte de poids). Les moyennes de diminution pondérale allaient de moins de 2 kg pour le groupe 1 à près de 5 kg pour le groupe 3 (avec des résultats à long terme corrects).

Des interventions basées sur la télésanté Télésanté La télésanté est en bref un accès à plus de santé par des voies informatiques. (Internet, téléphonie mobile…), sont préconisées. Le soutien en sus par des groupes de pairs est signalé comme un appui aux changements comportementaux.

L’article est paru dans un journal scientifique célèbre[[Et l’étude a été financée par le département de la santé étatsunien, Institut "National Heart, Lung, and Blood Institute", Essai clinique "POWER-UP", clinicalTrials.gov numéro NCT00826774].


Wadden TA, Volger S, Sarwer DB, Vetter ML, Tsai AG, Berkowitz RI, et al. (2011). A two-year randomized trial of obesity treatment in primary care practice. N Engl J Med. ; 365(21) : 1969-79. (en accès libre)


[1] Voir l’éditorial en ligne sur le site du NEJM.

[2] Randomiser : Notion relevant de la statistique : "Introduire un élément aléatoire dans un échantillon ou un calcul". Voir le Granddictionnaire terminologique québécois

[3] Le Poids (kg) / Taille au carré (m2)

[4] Syndrome métabolique : "obésité abdominale" (calculée par un tour de taille supérieur à 102 chez l’homme et 88 chez la femme (sorte d’aide-mémoire à corréler au reste(!)). C’est le témoin de la graisse abdominale associée à deux autres facteurs de risque cardiovasculaire. Par exemple, selon des experts, en 2005, une nouvelle définition, "cliniquement accessible" du syndrome métabolique est la suivante : "Une personne sera définie comme atteinte du syndrome métabolique si elle a une obésité centrale (abdominale) ajoutée à deux des quatre facteurs suivants : triglycérides élevés, cholestérol HDL, (pour High Density Lipoprotein) bas (qualifié de "bon" cholestérol), tension artérielle élevée ou niveau élevé de glucose à jeun". On inclut le sexe, et on prend en compte l’ethnie pour l’obésité centrale mesurée par le tour de taille (opinions d’experts en diabétologie, en cardiologie, en lipidologie, en santé publique, en épidémiologie, en génétique, en métabolisme et nutrition, du monde entier).

[5] le counseling se distingue principalement de la psychothérapie par le fait que ce type d’intervention est centré sur la mobilisation et l’actualisation des ressources et capacités de la personne sans chercher à modifier son organisation psychique, et qu’il est orienté sur la santé et le bien-être plutôt que sur la psychopathologie et les troubles mentaux. Voir toute la fiche terminologique dans le Granddictionnaire terminologique québécois

[6] Dont l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) est surveillée de près en Europe : prescription restreinte, c’est-à-dire sous condition (Indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, et prescription par un spécialiste du fait des risques d’effets secondaires, etc.).