(2011) Prévalence de maladies chroniques chez les enfants déficients intellectuels : une synthèse

Publié le 16.09.2011 | Mise-à-jour le 01.02.2013 | par Laurent Panes

Évaluer de façon fiable les états ("conditions" en anglais) chroniques associées, pour une prise en charge plus adaptée (santé, éducation, travail)


Partie d’un projet de recherche portant sur les maladies chroniques au sein d’une population d’enfants déficients intellectuels aux Pays Bas, cette étude consiste en une revue systématique [1] de la littérature internationale parue, entre 1996 et 2008, à ce sujet. Parmi les 2 994 publications, 31 furent retenues pour analyse.

Les taux de prévalence de la plupart des affections chroniques envisagées se sont révélés variables selon les travaux, du fait :

  • de facteurs d’ordre méthodologique (caractéristiques de l’échantillon, méthodes de diagnostic, qualité des registres...)
  • et de différences nationales importantes dans l’accès aux soins et le système de santé.

Un fait important s’est néanmoins dégagé : la prévalence de maladies chroniques identifiées chez les enfants arriérés mentaux y était significativement plus élevée que chez les non déficients intellectuels.

Les six diagnostics associés les plus fréquents étaient :

  • l’épilepsie (22 %) ;
  • l’infirmité motrice cérébrale (19,8 %) ;
  • les troubles anxieux (17,1 %) ;
  • les troubles oppositionnels avec provocation (12,4 %) ;
  • le syndrome de Down - trisomie 21 (11 %) ;
  • l’autisme (10,1 %).

Mais le petit nombre d’études retenues dans cette synthèse et d’affections chroniques prises en compte limitent la portée de ces résultats. Il y a un besoin urgent d’études plus complètes sur la question, avec pour enjeu le bien-être et la participation sociale des enfants déficients mentaux et de leur famille.


Source :

Référence bibliographique

  • Oeseburg B. et al. (2011). Prevalence of Chronic Health Conditions in Children with Intellectual Disability : A Systematic Literature Review. Intellectual and Developmental Disabilities 49(2), 59-85.

Voir aussi notre entrée Chronisanté :


[1] Voir le site du réseau français en médecine factuelle Cochrane :

Une revue systématique consiste à identifier, évaluer et synthétiser toutes les études publiées ou non traitant d’un sujet donné. Son objectif est de répondre à une question précise dans le domaine de la santé. Les revues Cochrane évaluent en particulier les effets des interventions de santé dans les champs de la prévention, du diagnostic, de la thérapeutique et de la rééducation. Leur but est de déterminer si les interventions présentent une efficacité et/ou un risque pour la santé.

Si les résultats quantifiés des études peuvent être combinés, on peut alors calculer une mesure statistique de l’effet global de l’intervention évaluée. On parlera alors de méta-analyse. Beaucoup de revues Cochrane mesurent systématiquement les bénéfices et les effets indésirables dans leurs études, afin de fournir une estimation plus précise de l’effet d’une intervention.