(2011) Rapport Hénart "émergence de professionnels hautement qualifiés au service de la santé"

Publié le 07.02.2011 | Mise-à-jour le 03.03.2011 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

De nouveaux métiers au service de la santé qui restent à construire du tout au tout, et semblent déjà décriés par certains médecins


Le député lorrain Laurent Hénart a remis un rapport consacré aux évolutions des métiers de la santé le 3 février 2011.

On y parle tout d’abord de la démographie française, des pathologies liées à l’âge et de la dépendance. On y cite le cancer et la santé mentale, comme des priorités de santé publique urgentes à restructurer, coordonner, envisager sous l’angle "managérial".

On y décrit comment la mort qui était l’avenir ultime de certains grands malades a été "remplacée" par une chronicisation grâce aux progrès médicaux.

A l’échelle du pays, les maladies chroniques croissent en nombre et en gravité. Les polypathologies demandent un "parcours" complexe et un accompagnement personnalisé. La diminution de la durée des séjours hospitaliers est un donnée vérifiée, mais le retour à domicile demande d’autant plus des aides spécialisées. D’où le problème du "continuum de la prise en charge". Ainsi, de nouveaux métiers, partant des professions paramédicales actuelles, seraient créés.

On peut relever ces neuf propositions :

— >A) Une priorité : mettre en place une politique modernisée des ressources humaines en santé
Proposition n° 1. Imposer la démarche métier [1].
Proposition n° 2. Conforter et développer les métiers socles.

— >B) Une nouveauté : créer des professions de santé de niveau intermédiaire
Proposition n° 3. Cerner le champ des nouveaux métiers en santé.
Proposition n° 4. Valoriser les parcours professionnels.

— >C) Une méthode : adopter un système rigoureux de validation
Proposition n° 5. Lancer des programmes nationaux.
Proposition n° 6. Encadrer le processus (c’est à dire former, Ndlr).
Proposition n° 7. Adopter une démarche pragmatique et une méthode participative.

— >D) Une nécessité : intégrer les formations à l’enseignement supérieur
Proposition n° 8. La mise en place de filières universitaires.
Proposition n° 9. Pour simplifier le dispositif actuel des compétences croisées et mieux ancrer les formations paramédicales dans le champ universitaire, il faut redonner compétence à l’État sur l’ensemble des questions de formation des professions paramédicales de niveau licence (c’est à dire que les écoles "d’infirmières", pour l’instant privées, pourraient rejoindre le giron de l’université, et que leur diplôme pourrait devenir un master ouvrant d’autres voies).

Ces neuf propositions devraient gouverner ces "’futurs nouveaux métiers en santé".

Ces formations bac + 5 de paramédicaux correspondraient aux "assistants" présents, par exemple, aux États-Unis. Les formations d’infirmiers (ou de kinésithérapeutes ?), actuellement bac + 3, seraient sûrement visées par la réforme des formations.

En, premier chef sont concernés les malades chroniques et les personnes âgées dont les besoins augmentent.

Les médecins, formés à la médecine générale en 2011 durant neuf ans soupçonnent les ministres successifs de vouloir faire des économies budgétaires à tout prix, induisant une mauvaise qualité de soins. Pour certains d’entre eux, former de nouveaux médecins coûterait désormais trop cher [2].

Ils peuvent lire dans ce rapport : "éviter de reproduire, avec les nouveaux métiers en santé, les travers unanimement constatés avec le métier de médecin dont certaines activités ne correspondent pas à une formation de niveau bac + 9 ou bac +11". Le rapport préconise donc de former très rapidement de nouveaux "praticiens" - exerçant une discipline médicale niveau master 2 - afin de permettre aux médecins de se concentrer sur leurs tâches essentielles.


Source :

Télécharger le rapport sur le site du ministère de la Santé et des Sports, Laurent Hénart, rapporteur, Yvon Berland, Président, Danielle Cadet, coordinatrice générale et Bernard Verrier et Elisabeth Fery-Lemonnier, Rapporteurs généraux. Rapport relatif aux métiers en santé de niveau intermédiaire Professionnels d’aujourd’hui et nouveaux métiers : des pistes pour avancer, janvier 2011.

Voir nos entrées Chronisanté sur la délégation de tâches, la coopération entre professionnels de santé coopération entre professionnels de santé Délégation de soins dans un passé proche, il s’agit en cette deuxième décennie du XXIe siècle de coopération entre métiers de la santé au sens large. , etc. L’idée des nouveaux métiers de la santé voient peu à peu le jour ici :


[1] Terme de ressources humaines : "A l’enchaînement diplôme → métier, la mission propose de substituer systématiquement le suivant : besoin → activités → compétences → métier → formation → diplôme."

[2] Réactions lues sur le site professionnel Pratis.com, parmi les commentaires négatifs au sondage sur le rapport Hénart.