(2011) Recherche fondamentale, innovation, visibilité mondiale, pour les neurosciences translationnelles (m-à-j oct. 2012)

Publié le 10.10.2012 | Mise-à-jour le 27.10.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

De la paillasse aux soins des malades : projet de l’institut hospitalo-universitaire ICM (Institut du cerveau et de la moelle épinière) dans les maladies chroniques du système nerveux central


L’Institut des neurosciences translationnelles [1], par son projet nommé A-ICM constitue un "investissement d’avenir" grâce à une partie des fonds du "Grand emprunt" (55 millions d’euros).

Ce centre d’excellence basé à la Pitié-Salpêtrière (avec des équipes en provenance de l’Inserm, du CNRS, de l’université, etc.) aura pour vocation de réaliser recherches et soins dans le domaine des maladies chroniques du système nerveux central.

  • dépression et "troubles du comportement" ;
  • épilepsie ;
  • maladie de Parkinson ;
  • maladie d’Alzheimer ;
  • sclérose en plaques, etc.

On peut lire dans la fiche projet que cet institut fera des "Progrès dans la prise en charge des maladies du système nerveux qui représentent une source de morbidité et une cause majeure des dépenses de santé".

L’institut sera destiné à rechercher :

  • l’étiologie et la pathogénie (la cause et le mécanisme causal) de ces maladies chroniques - ce qu’il exprime par "comprendre les mécanismes" ;
  • le développement d’outils diagnostiques et de prévention, ainsi que de traitements.

Ce que les auteurs du projet appellent une "infrastructure de recherche translationnelle" comportera :

  • "une plateforme d’imagerie et d’électrophysiologie" ;
  • "un centre de traitement de données et de biostatistiques" ;
  • "deux centres de modélisation (modélisation animale, modélisation cellulaire et criblage de candidats médicaments)" ;
  • et "un centre d’essais cliniques" (évaluation des traitements chez l’homme selon une méthodologie rigoureuse, Ndlr)...

La mort neuronale est un sujet de préoccupation des chercheurs dans les maladies neurodégénératives. Comment la contrecarrer ?

Ce tout nouvel Institut hospitalo-universitaire (IHU) intégré aura pour mission de rechercher les preuves de l’efficacité de ses actions, vers une médecine basée sur des preuves [2], et ainsi de réaliser des neurosciences translationnelles, depuis la recherche fondamentale jusqu’à la recherche clinique [3].

L’adjectif "translationnel", appliqué à une telle spécialité biologique et médicale est un anglicisme. Il signifie traduire... du laboratoire au lit du patient...

Il représente bien ce glissement naturel et préparé des théories vers les pratiques, favorisé par la proximité et la multidisciplinarité. Ce transfert - ou bien transport - a été considéré par un jury indépendant comme très prometteur pour le rayonnement de la France et le bien-être des patients, en mars 2011.


Sources :

Voir aussi notre entrée Chronisanté :


[1] Translation : Voici un latinisme largement international, dont le sens premier provient du verbe transferre, qui a donné en français transférer. Le latin ferre a beaucoup d’emplois, autour de la valeur de “porter, inclure, avoir en soi” ; sous la forme latum – comme on voit, ce verbe est très irrégulier –, il a été affecté à une série d’emplois, parfois très proches de la “traduction”, qui est elle aussi une trans-duction, du latin ducere (“conduire”). Alain Rey. Source cancérologie.edfimark.fr

[2] Médecine factuelle, médecine basée sur des fais prouvés, evidence-based medicine en anglais.

[3] Terme désignant le processus d’essais cliniques chez l’homme.