(2011) Réseaux sociaux et prise en charge du diabète : des différences raciales/ethniques ?

Publié le 13.12.2011 | Mise-à-jour le 16.12.2011 | par Laurent Panes

Le diabète comporte de nombreux risques de complications graves, auxquelles les minorités ethniques sont particulièrement exposées.


La prévalence croissante du diabète de type 2 dans les nations industrialisées est une question de santé publique de plus en plus préoccupante : près de 25,8 millions d’adultes aux États-Unis sont actuellement atteints de diabète (de type 2 dans la majorité des cas).

Afin d’en prévenir les conséquences les plus néfastes, l’observance d’un régime médical astreignant - notamment un changement dans les habitudes alimentaires - est de première importance. Comme cela implique une attention quotidienne du patient dans ses choix, la non-observance est des plus répandues.

C’est là que les membres du réseau social de la personne diabétique (son entourage) ont un rôle à jouer, en tant qu’ils auraient une influence bénéfique sur les comportements de santé. Cette action s’exercerait selon deux voies majeures :

  • en encourageant et promouvant les comportements appropriés (notion de "soutien [1] social lié à la santé") ;
  • en s’efforçant d’exercer une influence sur les comportements de santé (notion de "contrôle social lié à la santé"), par voie de persuasion ou de pressions.

Dans une étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie sur deux ans (2009-2010), la situation de deux minorités particulièrement concernées par la disparité face aux complications du diabète a été analysée - les patients Mexicains-Américains et les Vietnamiens-Américains - comparés aux Blancs non Hispaniques majoritaires.

Dans les trois groupes, le conjoint était la source de soutien/contrôle social le plus souvent citée. Les enfants, pour les deux groupes minoritaires, étaient également fréquemment nommés.
Globalement, ces deux minorités bénéficiaient de plus de soutien et de contrôle que les Blancs non hispaniques, ce qui semble renvoyer à certaines spécificités des cultures hispaniques et asiatiques.
Dans le cas des Blancs non hispaniques, seul le soutien social lié à la santé était associé à une bonne observance des recommandations alimentaires. Pour les Mexicains-Américains, tout type d’engagement dans des réseaux sociaux était associé à une bonne observance, alors que pour les Vietnamiens-Américains aucune association significative n’était constatée.

Ainsi, bien qu’il existe certaines similarités dans la façon dont les membres du réseau social de la personne diabétique sont impliqués dans la gestion de sa maladie, on constate des différences notables selon les races/ethnies.
Les résultats de cette étude, et d’autres à venir, pourraient permettre l’élaboration de programmes incorporant les membres du réseau social de patients atteints de diabète de type 2 dans la prise en charge quotidienne de sa maladie.


Source :

Référence bibliographique

August K. J., Sorkin D. H. (2011). Support and Influence in the Context of Diabetes Management : Do Racial/Ethnic Differences Exist ? Journal of Health Psychology 16(5), 711-721.

Voir aussi dans Chronisanté :


[1] Soutenir est une forme d’aide.