(2011) Tabac, sédentarité, mauvaise alimentation, usage nocif d’alcool : quatre dangers universels (m-à-j juin 2012)

Publié le 06.06.2012 | Mise-à-jour le 21.06.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Lutter contre quatre risques quand la population s’y expose... et contre quatre groupes de maladies chroniques qui explosent


Le 22 mars 2012, le CADRE GLOBAL MONDIAL DE SUIVI ET CIBLES VOLONTAIRES À L’ÉCHELLE MONDIALE POUR LA PRÉVENTION ET LA LUTTE CONTRE LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES est diffusé, avec présentation des indicateurs préconisés, puis toute la méthodologie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS oms ) publie son rapport sur l’état de santé de la population mondiale concernant "les maladies non-transmissibles" (MNT). C’est un concept de santé publique qui permet de différencier les maladies infectieuses des principales autres causes de "morbidité" et de "mortalité" [1], au niveau mondial. C’est pour l’OMS le défi du XXIe siècle.

Ces statistiques sont attendues depuis plusieurs années car elles demandent un travail considérable de recueil, de traitement et de diffusion des données épidémiologiques. Chaque État membre [2] a ses propres capacités nationales de lutte contre les MNT, parfois "inexistantes"...

Deux tiers, soit 36 millions des décès, en 2008, sont dus à quatre groupes de maladies :

  • les maladies cardiovasculaires (dont les accidents vasculaires cérébraux dus à l’hypertension artérielle, par exemple, ou bien les cardiopathies coronaires, etc.) ;
  • le diabète (dont le diabète de type 2 qui croît de façon vertigineuse dans le monde, parallèlement à l’obésité qui représente son facteur de risque principal, par syndrome métabolique [3] envahissant les pays dits émergents) ;
  • le cancer (les cancers sont la cause principale de décès en France, Ndlr) ;
  • les maladies chroniques respiratoires (dont l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), les allergies respiratoires, les maladies professionnelles [4]...).

Leurs facteurs de risque et leurs déterminants (tabac, insuffisance d’activité physique, pression artérielle, obésité, cholestérol, infections liées aux cancers...) constituent, selon l’OMS, un élément clé du : Plan d’action 2008-2013 pour la mise en œuvre de la stratégie mondiale de l’OMS de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles.

Selon l’OMS, les pays à revenu faible et intermédiaire sont les plus touchés par l’explosion de maladies chroniques. Selon les données disponibles ils cumulent 80% des décès.

La capacité de l’énorme institution OMS est à reconnaître. On l’imagine ci-après tentant de globaliser la santé dans le monde quand elle résume en quatre lignes ses nouveaux combats :

  • dans le monde entier, l’expansion de l’obésité est redoutable ;
  • le vieillissement démographique donne son lot de malades chroniques et de personnes malades ou dépendantes ;
  • l’urbanisation est rapide et anarchique ;
  • la mondialisation des modes de vie "malsains" est bien réelle.

Alors que de nombreuses maladies chroniques se développent lentement, les changements de modes de vie et de comportements se déploient à une vitesse étonnante....

Dans ce document, on trouve tour à tour : des données épidémiologiques, les facteurs de risque de ces quatre groupes principaux de maladies chroniques, le concept de "maladies de la civilisation".

On évoque leur surveillance possible et les interventions de prévention, à titre individuel ou collectif.


Voir aussi notre dossier dans le site "Recherches polaires", qui passe en revue les découvertes scientifiques concernant les causes des maladies de la civilisation, arrivées récemment chez le peuple inuit :


[1] Voir les définitions de ces concepts de santé publique, qui concernent respectivement la maladie et la mort, dans le Glossaire multilingue, sur le site de la Banque de données en santé publique (BDSP) :
http://asp.bdsp.ehesp.fr/Glossaire.

[2] L’OMS est l’institution de l’Organisation des nations unies (ONU) qui se consacre à la santé dans le monde. Cent quatre-vingt treize États sont membres dirigeant l’OMS (Les États autonomes non membres de l’OMS sont le Liechtenstein et le Saint-Siège (Vatican)), voir la liste sur le site de l’OMS :
http://www.who.int/countries/fr.

[3] C’est surtout une "obésité abdominale" (calculée par un tour de taille supérieur à 102 chez l’homme et 88 chez la femme (sorte d’aide-mémoire à corréler au reste (!)). C’est le témoin de la graisse abdominale associée à deux autres facteurs de risque cardiovasculaire. Par exemple, selon des experts, en 2005, une nouvelle définition, "cliniquement accessible" du syndrome métabolique est la suivante : "Une personne sera définie comme atteinte du syndrome métabolique si elle a une obésité centrale (abdominale) ajoutée à deux des quatre facteurs suivants : triglycérides élevés, cholestérol HDL, (pour High Density Lipoprotein) bas (qualifié de "bon" cholestérol), tension artérielle élevée ou niveau élevé de glucose à jeun. On inclut le sexe, et on prend en compte l’ethnie pour l’obésité centrale mesurée par le tour de taille (opinions d’experts en diabétologie, en cardiologie, en lipidologie, en santé publique, en épidémiologie, en génétique, en métabolisme et nutrition, du monde entier), Ndlr.

[4] Voir le site de l’OMS dédié à ces pathologies :
http://www.who.int/respiratory/fr