(2011) Tirer parti des programmes VIH pour les étendre aux soins des maladies non transmissibles

Publié le 11.10.2011 | Mise-à-jour le 07.11.2011 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Des ressources pratiques et "contextuellement" adaptées au cas de la prise en charge de maladies chroniques naissantes


Un article de santé publique envisage une réelle innovation grâce à des soutènements anciens : ceux des systèmes de santé efficaces pour le VIH/sida [1] de par le monde entier. Les auteurs rappellent que des services appropriés pour faire face aux épidémies de sida ont été bâtis sur tous les continents. Ceux-ci représentent une organisation structurelle des systèmes de santé des pays en développement ou émergents.

Le VIH/sida est devenu une maladie chronique grâce à la découverte des traitements antirétroviraux. La distribution de médicaments ou la surveillance clinique se font dans des centres de santé. Ils sont situés dans les zones les plus isolées et pauvres, mais la structuration sociale des systèmes, outils et approches nécessaires pour appuyer les soins aux sidéens dans chaque contexte local existe bel et bien.

Lorsqu’on envisage chaque système de santé, on a tendance à considérer les maladies non transmissibles [2] chroniques comme des défis très différents pour la santé publique ; et à cloisonner toute idée d’organisation novatrice des soins, maladie par maladie, de façon verticale. Diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, pneumopathies, etc., représentent en effet des concepts de diagnostic et de prise en charge bien différents. Autant la notion de stigmatisation stigmatisation Parole ou action menant à transformer une déficience, une incapacité ou un handicap en une marque négative pour la personne. Voir Le Grand Dictionnaire terminologique québécois. va faire se rapprocher sida et maladies mentales, autant on n’imagine pas un cancer suivi et traité dans de tels centres de santé. Il existe cependant, dans la notion de transversalité des lieux et structures mises en place, des leçons à tirer pour l’avenir. Par exemple, il faut imaginer les points communs : sida et diabète ont un diagnostic et une surveillance biologique, un traitement en continu...

Il faut faire, selon les auteurs, un mélange judicieux et tirer parti de l’existant. On pourrait donc par le biais des services VIH, étendre l’organisation des soins à toute autre personne "malade chronique".


Sources :

Référence bibliographique

  • Rabkin, M., Nishtar, S. (2011). Scaling up chronic care systems : leveraging HIV programs to support noncommunicable disease services. J Acquir Immune Defic Syndr, 57 Suppl 2, S87

Références Web

Voir aussi nos entrées Chronisanté

Maladies non transmissibles

Sida/stigmatisation


[1] Virus de l’immunodéficience humaine, (VIH), responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (sida).

[2] Les maladies non transmissibles – ou chroniques – sont des maladies de longue durée d’évolution généralement lente. "Ces maladies telles le cancer, cardiopathies, pneumopathies et diabète, sont la première cause de mortalité dans le monde". Source : Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles représentent plus de 63% de la totalité des décès annuels (soit 36 millions de décès imputés à ces maladies). Face à cette expansion invisible, l’OMS a bâti le Plan d’action 2008-2013 pour la Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles en source ci-dessus. Près de 80% des décès surviennent dans les pays à revenu faible ou moyen.