(2012) Chronic care model (CCM) : un cadre clinique solide pour améliorer les soins intégrés en santé mentale (États-Unis)

Publié le 30.10.2012 | Mise-à-jour le 13.04.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Destinés à gérer toute maladie chronique, des instances universitaires collaborent à son adaptation à tous milieux de soins depuis 2005


Dans les établissements de soins de santé primaires Soins de santé primaires Equivalent en français de "Soins de premier recours". Ce terme issu de la littérature anglaise (primary care) désigne les soins de première ligne, porte d’entrée vers tous les soins plus spécialisés. Voir le Glossaire. aux États-Unis, on se réfère souvent au modèle théorique que Richard Wagner avait imaginé et dont sont issus les travaux "Improving Chronic Illness Care initiative" [1], chargés de guider la démarche conjointe des soignants et des malades. Le modèle (Chronic Care Model (CCM)) revêt dans les médias universitaires une importance mondiale. Il est décrit avec ses six piliers fondateurs : aide aux soins autogérés (1), systèmes d’information clinique (2) dossiers médicaux informatisés), optimisation des prestations de soins et de services, dont la délivrance des médicaments (3), aide à la décision (4) (grâce aux progrès des NTIC en santé NTIC en santé Nouvelles technologies de l’information et de la communication en santé. Convergence de l’informatique et du multimédia permettant la « télésanté » (traitement, stockage, diffusion et échange de l’information). ), soutien organisationnel (5) (système de santé), et enfin (6) lien vers les ressources communautaires. Ce cadre collaboratif n’a pas été évalué de façon exhaustive sur le plan de la santé mentale (les troubles psychiatriques).

Les auteurs ont effectué une revue systématique [2] et une métaanalyse [3] pour comparer les CCM dans les maladies mentales à tous types d’autres soins.

Une recherche documentaire a été réalisée en 2011, mettant en exergue les essais cliniques randomisés comparant les prises en charge de type CCM aux autres prises en charge.

Parmi les articles choisis, ceux avec notion de santé mentale, de symptômes en relation avec la santé mentale, de qualité de vie Qualité de vie Aux confins du social et du psychologique - ou de "l’individuel", la qualité de vie liée à la santé est multidimensionnelle. mentale ont été mis en évidence. Les auteurs signalent que ces articles traitaient souvent de rôle social, de qualité de vie physique et de coûts.

Soixante-dix-huit articles avec 161 analyses de 57 essais cliniques ont été retrouvés (dépression, N = 40, trouble bipolaire, N = 4 ; troubles anxieux, N = 3 ; comorbidités/autres troubles, N = 10).

La méta-analyse a révélé des effets significatifs du modèle CCM sur la dépression et la qualité de vie globale. Les dépenses de santé ne différaient pas entre CCM et autres prises en charge. Une revue systématique a largement confirmé puis étendu ces résultats.

Ainsi, la santé mentale et physique des patients atteints de maladies chroniques mentales est améliorée par un type de prise en charge CCM, quel que soit le milieu de soins.


Source

  • Woltmann, E.,Grogan-Kaylor, A., Perron, B., Georges, H., Kilbourne, A. - M., Bauer, M. -S., (2012), Comparative Effectiveness of Collaborative Chronic Care Models for Mental Health Conditions Across Primary, Specialty, and Behavioral Health Care Settings : Systematic Review and Meta-Analysis The American journal of psychiatry, 169(8):790-804

Voir aussi nos entrées Chronisanté


[1] A partir de Janvier 2005, l’initiative met à jour ce site internet dédié (URL : http://www.improvingchroniccare.org...). Elle coordonne les efforts de 48 équipes provenant de 22 écoles de médecine et hôpitaux universitaires aux Etats-Unis pour renforcer la qualité des soins de longue durée au sein de leurs centre de soins.

[2] C’est une revue critique de la littérature publiée sur un sujet, en se basant sur le niveau de preuve scientifique des articles (c’est à dire la "médecine factuelle" ou Evidence-Based Medicine, ou bien encore dénommée médecine basée sur des faits prouvés, sur des preuves, sur "les preuves"). La définition suivante provient du site de référence en médecine factuelle, site du réseau francophone Cochrane : "La revue systématique est une démarche scientifique rigoureuse de revue critique des études effectuées. Cette démarche est constituée de plusieurs étapes. La première étape consiste à chercher toutes les études, essais cliniques ou autre étude appropriée, publiée ou non, qui ont répondu à une même question clinique précise ; par exemple, tous les essais cliniques effectués afin d’évaluer l’efficacité d’un traitement. Ensuite, la qualité de chaque étude est évaluée et la synthèse des résultats obtenus dans les études sélectionnées est effectuée. Finalement, si les données le permettent, une analyse statistique, appelée méta-analyse, est effectuée. Elle permet de regrouper les résultats quantifiés provenant de plusieurs études".

[3] Analyse quantitative statistique utilisée comme méthode en médecine pour augmenter le nombre de cas en regroupant les études précédemment publiées. Elle permet de "ré-étudier" les contradictions et parfois de déceler des biais méthodologiques.