(2012) Vieillards, polypathologies (ALD 32), socio-économie, formation des médecins, etc.

Publié le 14.06.2012 | Mise-à-jour le 13.02.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Hyperspécialisation critiquée : recommandations de santé publique en Ecosse (rien de nouveau - sous l’angle de la médecine générale ou interne)


Mettant en cause l’hyperspécialisation de la médecine - de spécialités (!), une vaste étude a concerné près de deux millions de personnes en Ecosse.

Plus de 300 cabinets médicaux ont fait l’objet de cette grande enquête transversale. Des affections chroniques très distinctes les unes des autres ont été isolées pour analyse : atteinte d’organes (thyroïde, ...), de systèmes (cœur, ...) ou d’appareils (rhumatismes, ...), syndromes (rénal, ...), symptômes (douleur, ...), etc. On a détecté dans l’examen des dossiers informatisés la présence ou l’absence de quarante pathologies, regroupées ensuite par paire ou plus...

Près d’un quart des sujets souffraient d’au moins deux des diagnostics choisis (comme fréquents en médecine générale), soit : d’une polypathologie, liée statistiquement à l’âge (c’était le cas de la plupart des patients âgés de plus de 65 ans). Bien qu’il n’est plus à démontrer que vieillir constitue le facteur de risque de polypathologie, le nombre absolu de sujets atteints de plus de deux affections avant 65 ans (210 500) était plus important qu’après cet âge (194 996).

L’article embraye très vite sur la pédagogie, insistant sur le fait que les praticiens savent que les "comorbidités" ou les "multimorbidités" [1] rendent épineux l’abord des différentes pathologies imbriquées et de leurs traitements.

Des facteurs sociaux (inégalités de santé, accès aux soins) sont pointés par les chercheurs. Les personnes les plus pauvres sont plus souvent malades mentales (c’est connu, voir nos références Chronisanté ci-dessous), les personnes isolées ont plus de risque de contracter une maladie chronique physique, plus tôt dans leur vie.

Parmi les recommandations des auteurs et celles de l’éditorialiste de ce numéro de la célèbre revue The Lancet  :


Références bibliographiques

  • Barnett, K., Mercer, S.W., Norbury, M., Watt, G., Wyke, S., Guthrie, B., (2012), Epidemiology of multimorbidity and implications for health care, research, and medical education : a cross-sectional study. Lancet. Sous presse, 9 mai 2012.
  • Salisbury, C., Multimorbidity : redesigning health care for people who use it. (2012), Lancet, Sous presse, 9 mai 2012.

Voir aussi nos entrées Chronisanté

Modèle


[1] Termes anglo-saxons, plutôt employés en français en épidémiologie ("co" qui signifie "avec" en latin, et employé dans ce cadre pour deux) ou bien"multi" (pour plus de deux) + morbidité...), Ndlr.