(2012) Psychologues et adolescents ou jeunes adultes vivant avec une maladie chronique

Publié le 08.11.2012 | Mise-à-jour le 10.05.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Diabète, cancer, arthrite juvénile idiopathique (AJI) (ou juvénile chronique), drépanocytose..., prise en charge psychologique éducative, revue systématique des interventions visant à acquérir des compétences nouvelles


Un article paru dans une revue de l’American Psychological Association (APA), alerte sur les facettes éducatives à développer pour accroître en qualité et en quantité les interventions des psychologues auprès de jeunes (adolescents et adultes) atteints de maladie chronique.

La souffrance psychologique doit être prise en compte chez les malades chroniques. Mais quel soutien psychologique "éducationnel" éprouvé propose-t-on aux adolescents et jeunes adultes ?

Méthodologie

La démarche est celle d’une revue systématique [1]

Cinq bases de données ont été interrogées

  • (1) Medline au sens large (y compris Medline in-process & other non-indexed citations (2) , c’est à dire base en cours de traitement et "vieux Medline" (Old Medline))
  • (3) PsycINFO ;
  • (4) EMBASE
  • (5) CINAHL (Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature) spécialisée en sciences infirmières et disciplines paramédicales.

La tranche d’âge considérée (10-30 ans) est large et permet de ramener la plupart des articles sur le sujet.

Période interrogée

  • 1979 à 2010

Résultat

Les auteurs obtiennent plus de 1 000 notices bibliographiques, avec résumés de la littérature scientifique internationale. Ils sélectionnent moins de 100 notices exploitables après lecture attentive de leur contenu. Au final, seules 25 études sont réellement pertinentes pour leur travail.

  • Diabète (N = 13), (en France, Affection de longue durée, ALD n° 8) ;
  • Cancer (N = 7) (ALD n° 30) ;
  • Autres (N = 5) : arthrite juvénile idiopathique (AJI) ou maladie de Stil dans sa forme systémique (ALD hors liste "n° 31"), drépanocytose (ALD n°10) Asthme ; (...)

Dans ces articles, malheureusement peu nombreux, des psychologues prodiguent des thérapies éduquant le patient. Ces interventions portent notamment sur l’enseignement de techniques de communication, ayant fait la preuve de leur efficacité, avec leurs composantes pratiques :

  • jeux de rôle ;
  • apprentissage de nouvelles connaissances par des "devoirs" ou exercices.

Parents et jeunes impliqués assimilent de nouvelles compétences (voir une définition récente de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) L’éducation thérapeutique du patient (ETP) "L’éducation thérapeutique a pour but d’aider les patients à prendre soin d’eux-mêmes". dans la rubrique Glossaire : "L’éducation thérapeutique vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique [2]".

Conclusions

C’est incontestablement les interventions visant à accroître les compétences des jeunes patients, instillées au cours de plusieurs sessions, qui ont les résultats les meilleurs : au moins six séances, déployées sur au moins trois mois. Les preuves de leur impact se mesure à l’acquisition de connaissances chez les participants, après un laps de temps suffisant.

Compte tenu du faible nombre d’études validées portant sur des groupes d’entraide, leur efficacité reste incertaine...

Cette revue souligne la nécessité de développer des "enseignements" développant les compétences d’adaptation, fondés sur des cadres théoriques, et proposant une randomisation [3] stricte et des évaluations indépendantes (ou bien "extérieures" à l’équipe de soutien psychologique), dans le but d’en déduire leur efficacité dans les maladies chroniques, en particulier.

Les essais cliniques sur les rôles des psychologues dans les maladies chroniques sont vivement encouragés.


Source

Sansom-Daly, UM., Peate, M., Wakefield, C. E., Bryant, R. A., Cohn, R.J., (2012), A Systematic Review of Psychological Interventions for Adolescents and Young Adults Living With Chronic Illness. Health psychology. 31(3):380-93.

Voir aussi nos entrées Chronisanté


[1] C’est une revue critique de la littérature publiée sur un sujet, en se basant sur le niveau de preuve scientifique des articles (c’est à dire la "médecine factuelle" ou [Evidence-Based Medicine, ou bien encore dénommée médecine basée sur des faits prouvés, sur des preuves, sur "les preuves").
La définition suivante provient du site de référence en médecine factuelle, site du réseau francophone Cochrane : "La revue systématique est une démarche scientifique rigoureuse de revue critique des études effectuées. Cette démarche est constituée de plusieurs étapes. La première étape consiste à chercher toutes les études, essais cliniques ou autre étude appropriée, publiée ou non, qui ont répondu à une même question clinique précise ; par exemple, tous les essais cliniques effectués afin d’évaluer l’efficacité d’un traitement. Ensuite, la qualité de chaque étude est évaluée et la synthèse des résultats obtenus dans les études sélectionnées est effectuée.

[2] Selon le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) en 2009, se référant au document de la Haute Autorité de santé (HAS), qui elle même se réfère à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

[3] Randomisation : échantillonnage, au hasard, l’un des premiers gage d’objectivité.