L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publie Health at a glance:Europe 2012, structuré en cinq chapitres :
- (1) état de santé de la population ;
- (2) facteurs de risque comme : alcool et tabac (moindrement consommés) ; alimentation (obésité et surpoids en hausse (respectivement 17 et 50 % de la population)) ;
- (3) ressources humaines en santé (nombre de médecins et d’infirmiers par habitant, qui apparaît plus élevé que jamais) ;
- (4) qualité des soins (globalement accrue), mais améliorations encore possibles, par exemple en évitant l’hospitalisation pour les personnes ayant des maladies chroniques ;
- (5) hausse des dépenses de santé (mais vitesse qui cependant ralentit).
Quelques faits relatifs à la chronicité
(1) Etat de santé de la population
Maladies chroniques respiratoires en hausse
Un certain nombre d’actions de l’UE visent à identifier les enjeux, les lacunes et les suggestions d’action pour améliorer les politiques et les actions actuelles concernant l’asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) - menant à lAffection de longue durée (ALD n° 14) quand elle est grave.
Diabète (ALD n° 8) en hausse
Dans l’Union européenne, 30 millions de personnes, étaient diabétiques en 2011.
Cancer du sein (ALD n°30)
Les taux de survie autour de 2004-2009 étaient les plus élevés en France, en Finlande, Belgique et Suède.
France : rougeole et hépatite B (ALD n° 6)
On note des maladies infectieuses :
- maladie aigüe comme la rougeole : 50 % des cas européens sont survenus ces dernières années en France ! ;
- hépatite B (ALD N° 6) : "En France, la vaccination contre l’hépatite B a été controversée [1] (...) baisse des cas d’hépatite B, à l’échelle européenne (baisse de 17% du nombre des cas entre 2006 et 2009 (selon l’ECDC [2] en 2011))."
Années de vie en bonne santé
Voir le Glossaire européen multlilingue sur le site de la Banque de données en santé publique (BDSP). Le rapport décrit les Années de vie en bonne santé (Healthy Life Years (HLY)), qui, à 65 ans, en 2008-2010, pour l’ensemble des membres de l’UE, s’élève à environ 8,7 ans (pour les hommes et les femmes (France : la meilleure pour les femmes)). Les extrêmes : (Suède, chiffre le plus important), et Slovaquie (le moins important). C’est un bon indicateur des progrès médicaux, de l’accès aux soins, de modes de vie plus sains et d’amélioration des conditions de vie avant et après 65 ans [3].
Cet indicateur épidémiologique est basé sur la limitation de l’activité globale (Global Activity Limitation Index (GALI) - basé sur l’auto-évaluation de la santé et de la morbidité chronique, développé relativement récemment.
(2) Facteurs de risque (l’alimentation est un souci de santé publique)
Surpoids et obésité
Les taux importants de surpoids et d’obésité chez les adultes est un problème majeur de santé publique. L’obésité est un facteur de risque pour plusieurs problèmes de santé :
- hypertension ;
- taux élevé de cholestérol ;
- diabète ;
- maladies cardio-vasculaires ;
- problèmes respiratoires (asthme) ;
- maladies musculo-squelettiques (arthrose) ;
- certaines formes de cancer.
Et enfin, mortalité globale (du fait d’un risque plus élevé de maladies chroniques (et coûts des soins élevés)).
(3) Ressources humaines en santé
Infirmiers : un métier qui se transforme
Les infirmiers travaillent de plus en plus dans des institutions de soins de santé primaires Soins de santé primaires Equivalent en français de "Soins de premier recours". Ce terme issu de la littérature anglaise (primary care) désigne les soins de première ligne, porte d’entrée vers tous les soins plus spécialisés. Voir le Glossaire. (en particulier dans l’offre de soins aux malades chroniques) et dans les soins à domicile.
Lits
Les soins "à long terme" augmentent, en raison du nombre croissant de patients en incapacité incapacité ou dépendants, avec réduction d’activité de la vie quotidienne Activity of Daily Living (ADL) :
- lits dans les services de soins à long terme dans les hôpitaux ;
- lits pour soins de longue durée ;
- lits pour les soins palliatifs.
(4) Qualité des soins
La qualité des soins s’est améliorée dans la plupart des pays européens. Le chapitre 4 est un nouveau chapitre sur la qualité des soins, fournissant des comparaisons sur les soins dispensés aux malades chroniques, aux sujets atteints de cancers et ou de maladies transmissibles. Le chapitre comprend également un ensemble d’indicateurs de sécurité concernant les patients.
(5) Hausse des dépenses de santé (mais vitesse qui cependant ralentit). [4]
Depuis 2010, c’est la première fois que la tendance à la croissance générale s’inverse, que les dépenses de santé ont diminué ou ralenti fortement, jusqu’à chuter dans de nombreux pays européens, notamment ceux fortement touchés par la crise (voir page 10).
Assurance complémentaire
En France, la quasi-totalité de la population (96%) a une "complémentaire privée" à l’assurance-maladie pour couvrir le partage des coûts dans le système de sécurité sociale. En France et en Allemagne, les dépenses de santé [5] a augmenté d’un peu plus de 10% en 2000 à 11,6% dans les deux pays en 2010. Les dépenses de santé par habitant a augmenté légèrement plus vite en Allemagne qu’en France au cours des dernières décennies. Les dépenses de santé : France n° 2 en Europe, après les Pays-Bas.
Dépenses pharmaceutiques
La France se place au 3e rang, après Allemagne et Belgique.
Restes à charge (RAC)
Après le financement public, la principale source de financement pour les dépenses de santé sont les RAC (Out-of-Pocket Paiements). En 2010, le part des RAC était le plus élevé à Chypre, en Bulgarie et en Grèce. Il était le plus faible aux Pays-Bas (6%), en France (7%) et au Royaume-Uni (9%).
Pay for performance Pay For Performance En français, en santé : incitation financière, paiement à la performance, rémunération à la performance. Il s’agit de paiement en fonction du rendement - en médecine, prime versée au médecin en fonction des résultats cliniques des patients. Certains résultats d’examens de biologie clinique servent alors d’indicateurs. (P4P) (incitation financière incitation financière Paiement à la performance. )
En France, les résultats à deux ans seraient positifs pour le diabète : l’incitation financière des médecins généralistes auraient montré une meilleure observance des patients pour les médicaments et un meilleure surveillance de la glycémie.
En conclusion..
Les principales causes de décès en Europe comprennent les maladies cardiovasculaire et les cancers. Les maladies chroniques telles que le diabète, les maladies respiratoires et les démences (ALD n° 15) sont de plus en plus répandues, en raison :
- d’un meilleur diagnostic ;
- de polypathologies, courante en Europe.
Enfin, la France détient le record de l’espérance de vie à la naissance des femmes (85,0 ans) et la Suède celle des hommes (79,4 ans) - France : 78 ans (on note 80 ans pour la Suisse, pays proche hors Union euroipéenne).

