(2013) - 17 juin —> Évaluation à 3 ans du programme Sophia (ou sophia), en ligne, par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CnamTS)

Publié le 20.06.2013 | Mise-à-jour le 04.07.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Accompagnement des patients malades chroniques diabétiques, Disease management disease management Etats-Unis : le Disease Management est un système coordonné d’intervention et de communication en matière de soins, dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif. Pour une histoire documentée du concept, voir le Glossaire. (DM) à la française, enfin évalué après 1 an et 3 ans (depuis 2007) ; parmi les résultats positifs : sophia Sophia A son origine (2007), programme d’accompagnement des patients atteints de diabète (Disease management à la française). "prêt à"... s’autofinancer ?


Un rapport très attendu intitulé Évaluation médico-économique [1] du programme d’accompagnement des patients diabétiques : Évaluation à 1 ans et à 3 ans (source ci-dessous) est consultable par tous.

Il fait suite au rapport, réalisé par la même société Cemka-EVAL [2] , bureau d’étude spécialisé dans le domaine de la santé, pour la CnamTS (bilan général à 1 an publié en 2011, avec une méthodologie identique : indicateurs, cohortes longitudinales constituées par les sous-ensembles de patients, avec groupes témoins (voir page 19-20)). La qualité de vie Qualité de vie Aux confins du social et du psychologique - ou de "l’individuel", la qualité de vie liée à la santé est multidimensionnelle. ou bien la consommation hospitalière représentent (entre autres) certains de ces indiateurs. On note que Sophia Sophia A son origine (2007), programme d’accompagnement des patients atteints de diabète (Disease management à la française). demande l’adhésion écrite des patients (volontariat éclairé).

Sophia consiste en supports évoluant au cours du temps :

  • documents écrits ;
  • appels téléphoniques ;
  • contenus Web...

Le Plan pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques (2007-2011) avait proposé dès 2007 que des "programmes personnalisés d’accompagnement des patients", en premier lieu des diabétiques (dès 2008) se fassent dans le cadre de l’Assurance maladie. Ainsi, la CnamTS recrute et forme des infirmiers conseillers en santé dont le rôle est de (voir page 9) :

  • "prendre en compte la situation personnelle (...)" ;
  • "être en permanence à l’écoute des adhérents (...)" ;
  • "aider la personne à s’approprier les connaissances fournies dans son parcours de soins (...) " points positifs :
  • "relayer les recommandations (...)"
  • "faciliter le dialogue avec les professionnels de santé" ;
  • "favoriser l’orientation adéquate dans l’offre de proximité (...)" ;
  • "contribuer à faire évoluer les comportements en faveur de la santé et de la qualité de vie (...)".

S’inspirant des expériences et modèles issus de différents pays, le Disease management disease management Etats-Unis : le Disease Management est un système coordonné d’intervention et de communication en matière de soins, dirigé vers des populations pour lesquelles les efforts des patients eux-mêmes ont un impact significatif. Pour une histoire documentée du concept, voir le Glossaire. (DM sophia, mis en place par la CnamTS, d’inspiration anglo-saxonne (coaching Coaching Le coaching a pour but de "dynamiser" le patient. Il peut être traduit par "accompagnement. santé, notamment), est finalement adapté aux patients français.

On distingue :

  • indicateurs de qualité de suivi (cliniques et paracliniques) : rétine, cœur [3], HbA1c [4], lipidémie (cholestérol, etc.), fonction rénale (créatinine [5]) ;
  • indicateurs portant sur les consommations de soins ambulatoires remboursées : remboursements moyens d’actes, de prestations, produits, médicaments ;
  • indicateurs de consommation de soins hospitaliers (analyse des données PMSI [6]).
  • questionnaires médecins [7] : résultats cliniques et paracliniques : poids, pression artérielle, taux HbA1c, lipidémie ("cholestérol", etc.), Indice de masse corporelle (IMC), formule de Cockcroft [8], etc.

Des limites à l’étude sont soulignées, comme celle de ne pas avoir réalisé d’essais cliniques randomisés, impossibles à mener dans l’état actuel du dispositif sophia (on peut citer aussi des lacunes sur l’interrogation des systèmes d’information de la CnamTS pour le recueil d’autres données).

Résultats :

Plan clinique

Tous les diabétiques de France sont mieux "suivis", c’est à dire mieux pris en charge (même ceux n’adhérant pas au programme). Hors consultation dentaire, des améliorations sont observées à 1 an et 3 ans pour tous les "indicateurs de suivi". Dans les sites pilotes, les patients non adhérents ont également vu leur surveillance ophtalmologique accrue. Cependant, des évolutions favorables et statistiquement significatives ne sont observées que sur le recours annuel à la consultation ophtalmologique mais aussi :

Extrait :

"Les indicateurs de qualité du suivi recommandé restent au bout de trois ans très en deçà des objectifs attendus (53% seulement des adhérents bénéficient des 3 dosages d’HbA1c annuels ou d’une consultation ophtalmologique dans l’année".

Selon le rapport, la discussion porte sur "plusieurs constats significatifs", voici les deux premiers (pages 84-88) :

  • "le programme sophia atteint de manière privilégiée des patients présentant un diabète peut être moins sévère et indiquerait qu’ils sont mieux suivis" (patients plus jeunes, plus sensibilisés, "suivi plus conforme aux recommandations") ;
  • hors suivi dentaire, sur tous les indicateurs de qualité du suivi dans la population Sophia, l’amélioration est significative sur le plan ophtalmologique (les patients des sites pilotes n’ayant pas adhéré au programme se sont vus mieux surveillés sur le plan ophtalmologique - consultation annuelle).

Dépenses

Concernant les dépenses, elles ont augmenté pour toutes les populations diabétiques. Les adhérents voient cependant leurs remboursements de soins de ville et hospitaliers diminuer (on remarque ici que les patients ayant adhéré à sophia ont un taux de recours aux urgences identique aux témoins).

L’évolution à la hausse des dépenses pour le système de santé est "inférieure à celle de la population témoin", aussi bien en valeur absolue qu’en pourcentage" (c’est-à-dire en nombre exact, puis en proportion). Les patients sous Sophia voient donc leurs dépenses "croître mais freiner" - fait imputable à une moindre évolution des dépenses de soins infirmiers.

On remarque que le coût par adhérent

  • d’une part diminue au fur et à mesure des années ;
  • et d’autre part diminue en fonction du nombre de patients (car un investissement de plus de 396 euros/patient, au début du programme, se transforme à environ 100 euros/patient après trois années, vu le nombre - les patients éligibles "coûtent" aussi, trois fois moins).

De plus :

Dès trois ans, "en très grande partie" l’autofinancement du programme (jusque 2011) est calculé précisément, par la réduction de l’évolution des dépenses.

Par ailleurs :

  • Les patients sont satisfaits ;
  • Une autre évaluation sera faite par un organisme extérieur à la CnamTS.

Les preuves scientifiques manquent-elles ?

Ce rapport fait la synthèse d’une revue de la littérature internationale (réalisée en 2008, avec une actualisation non exhaustive en 2012) pages 11-18 (interrogation des bases de données étatsuniennes via Pubmed, de la BDSP, etc.). Les résultats sont mitigés sur le plan financier, mais très efficaces sur l’amélioration de l’état des patients (mieux suivis, globalement). Mais on ne peut comparer les systèmes de DM, tous très différents (dus à différents systèmes de santé). Le choix français est de donner à la CnamTS toute marge de manœuvre.


Sources :

Auteur : CNAMTS, Le rapport de synthèse : Évaluation médico-économique du programme d’accompagnement des patients diabétiques : évaluation à 1 an et à 3 ans, 123 p., (PDF, 1.5 Mo), (lien valide le 19 juin 2013, site Ameli, "assurance maladie en ligne").

Voir aussi nos entrées Chronisanté

Disease management , le plus récent...

Au sujet de Sophia

Rappel :

Qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques 2007-2011 (Plan amélioration de la)
Plan amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques 2007-2011. (ministère chargé de la santé).

Historique :

Voir notre entrée Chronisanté

La rubrique Plans-SantéP

Références Web

Site Web Sophia, sur Ameli


[1] Évaluation médico-économique : appliquée au domaine de la santé, l’évaluation économique met en regard les résultats attendus d’une intervention de santé avec les ressources consommées pour la produire (.... Source : site de la Haute Autorité de santé (HAS), pour en savoir plus.", voir le site de la HAS : Évaluation médico-économique.

[2] Voir le site Cemka-VAL, France.

[3] Consultations de médecins spécialistes (ophtalmologistes, cardiologues).

[4] Fraction HbA1c : hémoglobine glycosylée ou hémoglobine glyquée, qui est la valeur de référence dans ce domaine, permet de savoir quelle a été la glycémie sur les 120 derniers jours (durée de vie des hématies - globules rouges) : sa valeur augmente ainsi avec la fréquence des épisodes d’hyperglycémie sur cette période. Elle est la preuve de la fixation du glucose sur la globine (protéine) de hémoglobine, augmentant en cas d’hyperglycémie.

[5] Transformation de la créatine (protéine musculaire), constante chez un individu donné (témoin de sa musculature).

[6] Programme médicalisé des systèmes d’information, qui représente grossièrement le codage informatique des maladies à l’hôpital, avec statistiques sanitaires possibles, mais destinées depuis sa création en 1996 à mesurer mesurer l’activité et les ressources allouées aux établissements, mais aussi dépensées pour leur activité de soins (données médicales et tarifs).

[7] Généralistes, médecins référents, en soins de premier recours (soins de santé primaires).

[8] Ou "formule de Cockcroft & Gault", qui estime la clairance de la créatinine (la faculté du rein à éliminer les résidus du muscle, qui augmentent en cas de défaillance du "filtre rénal", alors témoins de l’état de la fonction rénale). (Ndlr)

[9] Disease management.

[10] Chronic care model.