E-santé, télémédecine : des boitiers d’automesure innovants pour la prise en charge des insuffisants cardiaques chroniques

Publié le 04.05.2012 | Mise-à-jour le 07.05.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Expérimentation du boitier Twitoo :


Gérer sa santé à distance n’est plus un fantasme.

Des médias titrent sur le boîtier d’automesure Twitoo [1]. Le journal Le Monde et le blog Le monde de la e-sante [2]soulignent combien les responsables du numérique en santé (Haut Conseil français de la télésanté Télésanté La télésanté est en bref un accès à plus de santé par des voies informatiques. et des coopérations francophones ou Commission Galien) témoignent de la place croissante de la France dans ces domaines novateurs.

Oui, la télémédecine (ou l’e-santé e-santé L’e-santé comprend : "l’aide à l’information, la simplification de procédures, la gestion, l’archivage, la formation, la connaissance, le conseil, la prévention, l’échange, la prise en charge, la décision, au diagnostic, au traitement, à l’intervention, au suivi, etc." Voir la rubrique "Glossaire". ) représente un changement profond de nos habitudes concernant la "consultation médicale". L’espoir d’être surveillé en continu tire son origine récente du concept de Quantified self ("de s’autoquantifier"). C’est-à-dire une autocollecte de données personnelles quantitatives (biométriques, par exemple) partagées, avec le professionnel de santé, malgré la distance. Cette stratégie se double de la répétition organisée des mesures avec connexion à une base de données sécurisée.

C’est ici qu’intervient un réseau en Isère : Resic38.

Une expérience vient d’être lancée auprès du réseau des insuffisants cardiaques du CHU de Grenoble, affiliés à la Cnassm (Caisse nationale d’allocation et de sécurité sociale minière - assurance santé minière), qui attend son évaluation médico-économique. Ce réseau de santé (réseau ville-hôpital), a pour but d’améliorer la prise en charge des patients cardiaques chroniques. Resic38 transmet les données en réseau, grâce à l’information et à la collecte des données médicales par la société H2AD (société qui organise l’informatisation du tout).

Pour cela, les patients disposent d’un boitier relié à une véritable plateforme de télémédecine (la télésurveillance est à l’œuvre ici). Ils collectent et envoient les données via une interface web sécurisée. Elles peuvent être consultées par le patient et par tout professionnel de son choix.

Tous les indicateurs de santé mesurés par les patients se doivent d’être connectés simplement par et directement à l’Internet, pour être lus par les médecins accédant aux dossiers. Ces innovations d’envergure bouleversent transports, transferts, et attentes. Ce qu’on dit moins : pour cette "révolution" : une balance ou un tensiomètre compatibles coûtent cependant près de 300 euros (Ndlr).

Au-delà du bien-être de la personne, "dans un contexte de vieillissement de la population et de développement de maladies chroniques, les enjeux sont de taille", explique la journaliste Pascale Santi..

EPIC38 (pour "épidémiologie insuffisance cardiaque") prend en charge des insuffisants cardiaques, à domicile, en milieu rural, en Isère. En avril 2012, on en est au stade de "l’enrôlement" de patients "isolés" dans l’étude.

Ainsi, deux fois par semaine, le patient :

  • prend sa pression artérielle (tension) ;
  • se pèse ;
  • et mesure son pouls.

A partir de ces concepts aisément applicables avec les NTIC en santé NTIC en santé Nouvelles technologies de l’information et de la communication en santé. Convergence de l’informatique et du multimédia permettant la « télésanté » (traitement, stockage, diffusion et échange de l’information). , le patient dispose d’un carnet d’auto-prise en charge (autosoins Autosoins Stratégie acquise par le patient pour gérer sa santé en vue de l’améliorer. Le malade apprend à s’autosoigner. , auto surveillance), avec une application pour l’Internet. Médecins et patients correspondent par messagerie électronique.

Si l’on visite le site de l’abonnement Twitoo, le boitier permettrait les actes suivants :

  • "Enregistrer vos mesures (...) ;
  • Partager ces données avec les personnes de votre choix (...) ;
  • Paramétrer de manière simple l’observance et le suivi (...) ;
  • Envoyer des alertes, messages vocaux, mails, SMS aux personnes (...)".

Pour cette maladie chronique (l’insuffisance cardiaque), la surveillance d’une ou de plusieurs variables physiologiques peut avoir en effet des conséquences vitales pour le patient. L’automatisation des transferts et des alertes est un progrès remarquable.



[1] Déjà utilisés pour surveiller le taux de prothrombine par l’INR (International Normalized Ratio), utilisé, en particulier pour adapter les doses d’anticoagulants)

[2] "Espace d’information concernant l’évolution du secteur de la santé avec l’apport des nouvelles technologies liées à l’internet"