Entretien motivationnel (EM)

Publié le 27.06.2013 | Mise-à-jour le 22.07.2014 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Né dans les années 1980 en addictologie (dans le cadre de psychothérapies dites brèves), l’entretien motivationnel (EM) est aujourd’hui utilisé dans le champ sanitaire de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) L’éducation thérapeutique du patient (ETP) "L’éducation thérapeutique a pour but d’aider les patients à prendre soin d’eux-mêmes".  : prévention ou prise en charge des maladies chroniques


La Revue Médicale Suisse publie en 2006 une synthèse sur l’entretien motivationnel ("quelques repères théoriques et quelques exercices pratiques" (1)).

L’entretien motivationnel (EM) est aujourd’hui utilisé en médecine dans le traitement des maladies chroniques (1) (autonomisation, empowerment) par auto-prise en charge et réduction de facteurs non salutogènes (dans le diabète, l’obésité), comme la sédentarité ou l’hypercholestérolémie. L’approche motivationnelle a un sens décisif dans l’éducation thérapeutique du patient (ETP) L’éducation thérapeutique du patient (ETP) "L’éducation thérapeutique a pour but d’aider les patients à prendre soin d’eux-mêmes". .

Il est adapté "à toutes les situations d’« accompagnement au changement », selon la Haute Autorité de santé (HAS) (2) :

(...) lorsqu’on veut aborder un changement de comportement influençant la santé (tabac, alcool, exercice physique, alimentation, prise de médicaments…). Il se base sur l’hypothèse que la plupart des patients qui arrivent en consultation ne sont pas nécessairement prêts à changer...

D’où les relations avec l’ambivalence et la motivation du patient, autres termes de psychologie Psychologie  :

[Face au changement proposé] le patient se défend et contre-argumente (...). Appelons ambivalence, les oscillations du patient et entretien motivationnel (EM) (...) (1).

Selon l’encyclopédie en ligne Wikipédia (3) :

L’entretien motivationnel consiste en une approche de relation d’aide. (...) l’entretien motivationnel est « une méthode de communication à la fois directive et centrée sur la personne [1], ayant pour objectif d’aider les changements de comportement en renforçant les motivations intrinsèques par l’exploration et la résolution de l’ambivalence (...)

Principes de l’entretien motivationnel (1)  :

Outils de l’entretien motivationnel (acronyme OUVER) (1), OARS en anglais [2] :

  • OU : questions ouvertes (c’est-à-dire qu’elles ne permettent pas de répondre par oui ni par non (voir notre entrée Chronisanté à ce sujet (9)).
  • V : valoriser (par le renforcement (4)), dans le but d’obtenir une transformation du comportement des patients. Renforcement est un terme issu du behaviorisme (5) [3] L’EM tente un renforcement positif (par des encouragements) afin d’obtenir des réponses adaptées à la problématique de santé (comme "C’est bien, bravo, continuez comme cela..."(6), ou un renforcement négatif, dans certains cas, par la désapprobation ;
  • E : écoute réflective ("sorte de reformulation permettant de mettre en valeur ce qu’on désire pour aller vers les buts thérapeutiques désirés, ainsi le patient se sent écouté, compris et guidé", c’est-à-dire ce qui permet d’aller de l’avant, en émettant des réflexions provoquant le changement) ;
  • R : résumer, en gardant à l’esprit que le patient doit donner son avis :

    (...) lui permettre de le [le résumé] modifier s’il ne lui convient pas, afin que le thérapeute puisse se corriger ou bien mettre en évidence une résistance (...) (3).

Les outils de l’EM ne présentent aucune originalité a priori. Ils appartiennent au registre des entretiens centrés sur la personne tels que Carl Rogers a pu les décrire. (...) C’est la façon de les utiliser qui sera déterminante (1).

L’entretien motivationnel (EM) est validé par des études scientifiques nombreuses (6). En pratique, une formation de plusieurs jours est nécessaire pour en connaître ses bases. Des perfectionnements sont organisés, le plus souvent en formation continue... Une "supervision" est proposée la plupart du temps par des associations... (7) (8)


Sources :

(1) Gache, P., Fortini, C., Mynard, A., Reiner Meylan, M., Sommer, J., (2006), L’entretien motivationnel : quelques repères théoriques et quelques exercices pratiques. Revue Médicale Suisse. 90(2):2156-62.

(2) Haute autorité de santé, mémo : L’entretien motivationnel, document élaboré avec la collaboration du Pr Mireille Becchio, spécialiste de médecine générale.]].

(3) Wikipédia : Entretien motivationnel.

(4) Wikipédia : voir aussi pour en savoir plus, l’entrée reinforcement, en psychologie, dans Wikipédia en anglais. Le renforcement est historiquement lié au conditionnement opérant (où l’individu réagit au sein de son environnement).

(5) Wikipédia : Behaviorisme., ou comportementalisme.

(6) Eymard, C., Modèles et démarches d’éducation thérapeutique : place des TIC dans les dispositifs, voir les éléments issus de la théorie du [renforcement], en éducation thérapeutique du patient (ETP).

Sites Web :

Voir aussi dans Chronisanté :

Dans Info-scientif. ⇓ Sociale psychologique

Dans GLOSSAIRE

Dans GLOSSAIRE

  • (11) Auto-efficacité.
    Sentiment d’efficacité personnelle (croyance vraie ou fausse du patient pensant qu’il est possible d’atteindre un objectif).

[1] Voir l’approche sur la personne de Carl Roger, dans notre entrée Chronisanté (2012) Les soins centrés sur le patient dans la gestion des maladies chroniques (Chronic Disease management), concept sensiblement différent. L’approche centrée sur la personne "avait pour but principal le soutien de la personne malade en favorisant un climat favorable à la relation psychothérapeutique".

[2] Acronym OARS : (1) Open-ended questions, (2) Affirmations, (3) Reflective listening and (4) Summaries.

[3] Science qui observe les comportements, les interactions des individus avec leur milieu. Behaviorisme est un terme issu de behavior en anglais, signifiant comportement.

[4] Comme nous le disions dans un article précédent, l’empathie est, en psychologie sociale, la faculté de comprendre ce que l’être ressent et attend ((2002) Pourquoi aider les frères et sœurs d’enfants souffrant de maladies chroniques ?).

[5] L’hémoglobine glycosylée ou hémoglobine glyquée, qui est la valeur de référence dans ce domaine, permet de savoir quelle a été la glycémie sur les 120 derniers jours (durée de vie des hématies - globules rouges) : sa valeur augmente ainsi avec la fréquence des épisodes d’hyperglycémie sur cette période. Elle est la preuve de la fixation du glucose sur la globine (protéine) de hémoglobine, augmentant en cas d’hyperglycémie. (Ndlr)