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"Le mésothéliome devient la 31e maladie à déclaration obligatoire (MDO) en France"

Publié le 22.03.2012 | Mise-à-jour le 04.05.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

L’Institut de veille sanitaire (InVS) relaie cette information importante : pour la première fois, un cancer est pris en charge à l’échelle de la nation française par le dispositif MDO, afin de mesurer son éventuelle origine environnementale


Le Plan Cancer 2009-2013 avait prévu une meilleure prise en charge des mésothéliomes [1] sur le plan de la santé publique. Le facteur de risque certain est une exposition à l’amiante [2], professionnelle, "domestique"(en relation avec les habits des maris (Ndlr)) ou "de voisinage" (air chargé de fibres à proximité d’usines dans le passé) (il existe aussi des cas familiaux - génétiques, Ndlr).

Par décret n° 2012-47 du 16 janvier 2012, le mésothéliome - affection de longue durée (ALD n° 30) - devient le numéro 31 de la liste officielle des maladies à déclaration obligatoire (DO).

Ministère de la Santé, Institut de veille sanitaire (InVS), Institut national du cancer (INCA)... Tous retransmettent cette information décisive : la déclaration sera effective dès janvier 2012... Elle constitue une des mesures du Plan cancer "2009-2013" qui vise notamment l’amélioration de la surveillance des cancers liés à l’environnement professionnel (action 9.1). Voir notre entrée Plans pluriannuels d’action en santé publique.

"Tout nouveau cas de mésothéliome, quel que soit son site anatomique (plèvre [3], péritoine, péricarde…), devra désormais être notifié au médecin de l’Agence régionale de santé (ARS), par tout médecin (pathologiste ou clinicien) exerçant en France métropolitaine ou ultramarine et qui en pose le diagnostic."

Après expérimentation, grâce aux sociétés savantes [4], le processus se met en place grâce à deux formulaires distincts (le clinicien, l’anatomopathologiste.

Ainsi, la DO des mésothéliomes permettra de connaître le nombre de cas total par nombre d’habitants. Cette notification sera dépendante des diagnostics histologiques (le diagnostic est "délicat", et les formes sont plurielles). Les données recueillies seront très détaillées (formulaires distincts spécialisés).

Les renseignements concernant la vie professionnelle passée (parfois 30 ou 40 ans avant !), seront à même de saisir l’origine environnementale ou professionnelle des cas déclarés. Lorsqu’aucune exposition professionnelle n’a été "repérée", on recherche une cause. On s’intéresse d’ailleurs de près aux femmes (a priori sans contact professionnel, sauf exception). On scrute les moins de 50 ans, et bien sûr les mésothéliomes "extra-pleuraux", comme ceux du péritoine.

Il existe depuis 1998 le Programme national de surveillance des mésothéliomes (PNSM) pleuraux dans 23 départements (ce chiffre est celui de 2011), ce qui ne représentait que 30 % population française métropolitaine.

Donc le nombre de cas déclarés correspondra au nombre de cas connus dans toute la France, par lequel on relèvera les mésothéliomes qui pourraient être d’origine environnementale.

Chaque année, on dénombre entre 800 et 1200 cas de mésothéliomes en France (soit 0,3 % de l’ensemble des cancers).


Invs, INCA, Direction générale de la santé, (2012), Communiqué de presse du 18 janvier 2012, Le mésothéliome devient la 31e maladie à déclaration obligatoire (MDO) en France.

  • InVS, Liste des MDO. Il n’existe que deux maladies qui ne sont pas des infections : l’intoxication au plomb (années 2000) chez les enfants mineurs et cette maladie n° 31 (2012) : le mésothéliome.

[1] Le mésothéliome malin est une des tumeurs malignes primitives des séreuses. La plèvre, comme le péricarde, le péritoine, ou la vaginale testiculaire, sont des séreuses qui possèdent la même origine mésodermique. Le mésoderme est le feuillet embryonnaire donnant les mésenchymes, tuniques des viscères. Par définition, un mésothéliome est une tumeur des cellules mésothéliales, composant le mésothélium.

[2] L’amiante désigne différentes sortes de fibres ignifuges très fines retrouvées dans la nature (roches), utilisées largement dans le bâtiment ou l’industrie jusqu’à son interdiction totale en 1997 en France. Il est cancérogène (Ndlr).

[3] Membrane enveloppant le poumon, constituée d’un feuillet viscéral qui fait corps avec le poumon, et d’un feuillet pariétal moulé sur les côtes (du fait de l’air des poumon et du vide existant entre les deux feuillets), le médiastin et la coupole diaphragmatique. Ces deux feuillets limitent une cavité virtuelle, la cavité pleurale.

[4] Des anatomopathologistes aux chirurgiens, en passant par les spécialistes des poumons (pneumologues) et des cancers (cancérologues - on dit aussi oncologues), les experts du Programme national de surveillance des mésothéliomes (PNSM), les spécialistes de santé publique (épidémiologie).