Où l’étude 2006-2008 en économie de la santé démontre que "les bénéficiaires de la CMU-C déclarent plus de pathologies"

Publié le 16.03.2012 | Mise-à-jour le 22.03.2012 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Parmi leur dernier recours au médecin généraliste, on remarque la présence de pathologies chroniques, parfois lourdes


En préambule, citons Chronisanté :

La CMU

1999 : création de la Couverture médicale universelle (CMU) en France, assurance santé obligatoire pour ceux qui ne sont pas couverts par l’un ou l’autre régime d’assurance. Ainsi, aucun résident français ne peut être laissé pour compte sur le plan des prestations de soins. Sa participation est modulée en fonction de ses revenus.
2000 : Création de la CMU-complémentaire (CMU-C), c’est une forme de mutuelle gratuite dispensée sous condition de ressource.
(Remarque, 2000 : Aide médicale d’État (AME) : réservée aux étrangers "en situation irrégulière").

L’Institut de recherche et en documentation en économie de la santé (IRDES) publie une étude statistique :

Les bénéficiaires de la CMU-C, plus jeunes et plus souvent des femmes, se déclarent en moins bonne santé que le reste de la population selon les résultats des Enquêtes santé et protection sociale 2006 et 2008

À âge et sexe équivalents, ils mentionnent plus de pathologies que le reste de la population, jusqu’à deux fois plus pour certaines affections comme la dépression et le diabète.

Les auteurs analysent les motifs de consultation du médecin généraliste. Ils pointent les "facteurs de risque" (de maladies cardiovasculaires, de bronchite chronique, de diabète). L’obésité est un indicateur mesuré ici, au même titre que la consommation de tabac. Les sujets déclarent plus souvent des affections digestives hautes et des maladies cardiovasculaires.

Parmi les principaux motifs de la dernière consultation chez un médecin généraliste ou spécialiste, les maux de dos, la dépression, les problèmes respiratoires, digestifs et hépatiques sont plus fréquemment évoqués par les bénéficiaires de la CMU-C. Ces personnes ont plus souvent une affection de longue durée (ALD) (les auteurs notent par exemple les maladies de l’hémoglobine (ALD n° 10) et le diabète (ALD n° 8 )).

Ce public est donc fortement concerné par la prise en charge des maladies chroniques.


Source

Référence bibliographique en ligne

Allonier C. (Irdes), Boisguérin B. (Drees), Le Fur P. (Irdes), Les bénéficiaires de la CMU-C déclarent plus de pathologies que le reste de la population. Résultats des enquêtes ESPS 2006-2008. ; Questions d’économie de la santé Irdes n° 173. 2012/02.

Voir aussi Chronisanté