(2012) Projet ETNA3 : évaluer trois thérapeutiques non médicamenteuses (TNM) dans la maladie d’Alzheimer (MA)

Publié le 09.01.2012 | Mise-à-jour le 26.04.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

Stimulation cognitive, thérapie par réminiscence, programme de prise en charge individuelle : efficacité à long terme (2 ans)


Projet ETNA3

Hélène Amieva, chargée de recherche CNRS INSERM U.897, Université Victor Segalen Bordeaux 2, propose une synthèse très documentée sur le site Web (avec inscription préalable) du Journal international de médecine (JIM) sur les thérapeutiques non médicamenteuses (TNM) dans la maladie d’Alzheimer.

Elle constate une littérature abondante sur le sujet, mais selon elle : "(...) il demeure difficile de dire quelle thérapie parmi l’éventail d’approches non médicamenteuses existantes doit être préconisée dans la maladie d’Alzheimer."

Ces thérapies sans protocole constituent un territoire à explorer pour la recherche (ainsi, plusieurs projets récents vont tenter d’évaluer les bienfaits de certaines prises en charge "alternatives"). Les troubles de type Alzheimer touchent essentiellement la sphère cognitive, avec diminution des facultés intellectuelles. Mais l’aidant naturel Aidant naturel Les aidants dits naturels ou informels sont les personnes non professionnelles qui viennent en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage pour les activités de la vie quotidienne (...). comme le soignant doivent faire face à des troubles psycho-comportementaux quasi constants chez la personne démente.

ETNA3 (pour Évaluation de Trois Thérapies Non médicamenteuses dans la maladie d’Alzheimer) est la nouvelle étude coordonnée par le Centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) de Bordeaux. Elle se joue sur le territoire national, mesurant les résultats à deux ans recueillis dans quarante centres spécialisés dans la mémoire. Ces thérapies retardent-elles le passage à un stade sévère de la maladie ?

Trois stratégies thérapeutiques non médicamenteuses seront évaluées (les deux premières étant d’inspiration psychosociale) :

  • la stimulation cognitive (renforcement de la cognition, c’est à dire pour les patients atteints de maladie d’Alzheimer : des séances animées par des psychologues renforçant l’attention, la mémoire, le jugement, ...), au plus près de la vie quotidienne, une forme d’entraînement intellectuel ;
  • la thérapie par réminiscence (à partir de souvenirs autobiographiques évoqués par les malades) ;
  • un programme de prise en charge individualisé adapté au profil du patient. Cette dernière laisse songeur. Mais l’explication est qu’elle offre au thérapeute la possibilité :
    — > de sélectionner l’une des deux thérapies vues avant selon le "profil" du patient ;
    — > de personnaliser le contenu du programme ;
    — > de changer de thérapie en cours de route...

Haute autorité de santé (HAS) et ETNA3

La Haute autorité de santé recommande explicitement d’utiliser les thérapeutiques non médicamenteuses, et les présente sous forme de tableau dans son guide médecin de 2009 ALD n° 15 en source ci-dessous. En décembre 2011, la Haute autorité de santé signale de nouveau : "Cependant, du fait de difficultés méthodologiques, aucune de ces interventions n’a apporté la preuve de son efficacité".

Interventions portant sur la qualité de vie Qualité de vie Aux confins du social et du psychologique - ou de "l’individuel", la qualité de vie liée à la santé est multidimensionnelle.  :

  • Confort physique, environnement adapté, aides à domicile ;
  • Prise en charge orthophonique (objectif principal : communiquer, mais aussi troubles de la déglutition).

Sans entrer dans leur concept, il est cité :des interventions portant sur la cognition :

  • La stimulation cognitive (pour les malades peu atteints, avec accompagnement aux actes de la vie quotidienne) ;
  • La revalidation cognitive (méthode de rééducation neuropsychologique).

Interventions portant sur l’activité motrice :

  • L’exercice physique (et notamment la marche) : capacités physiques, prévention du risque de chutes. Cette pratique régulière agirait aussi sur certaines mesures cognitives, comportementales et d’aptitude fonctionnelle ;
  • L’intervention de kinésithérapeutes, de psychomotriciens et d’ergothérapeutes peut être sollicitée.

Interventions portant sur le comportement

Dans le document ALD 15 de la HAS de 2009 : musicothérapie, aromathérapie, stimulation multisensorielle, rééducation de l’orientation, "reminescence therapy (thérapie par réminiscence), thérapie assistée d’animaux, massages, thérapie de présence simulée (vidéo familiale), luminothérapie... (!!)

Le plan Alzheimer 2008-2013 propose d’évaluer ces thérapeutiques non médicamenteuses (TNM). Ce sera le cas du projet ETNA3 décrit ci-dessus.

L’objectif n° 7 est le suivant : fournir un effort sans précédent pour la recherche.
La mesure n°22 s’intitule : "Développement de la recherche clinique sur la maladie d’Alzheimer et amélioration de l’évaluation des thérapies non-médicamenteuses ".

Dans les Recommandations de bonne pratique (RBP) de 2009 de la HAS, "Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : prise en charge des troubles du comportement perturbateurs", il est "recommandé d’utiliser en première intention des techniques de soins appropriées aux troubles du comportement", mais les TNM sont largement citées "en complément des attitudes soignantes et relationnelles personnalisées".

Plusieurs d’entre elles feront l’objet de la recherche ETNA3.


Sources ::

  • Pour en savoir plus, voir ce document, issu des actes Actes du congrès de Paris (2009), Communications, Etude ETNA3, Dr Hélène AMIEVA (PDF – 3.7 Mo).