Qu’est ce qu’une posture éducative dans la prise en charge d’une maladie chronique comme le diabète (HbA1c) ?

Publié le 13.09.2010 | Mise-à-jour le 01.07.2013 | par Hélène Fagherazzi-Pagel

L’écoute empathique [1] permet d’accompagner un malade chronique diabétique chez qui l’auto-prise en charge est fondamentale : l’hémoglobine glycosylée [2] - ou glyquée, ou HbA1c - en question...


Les textes législatifs concernant l’Education thérapeutique du patient (ETP) paraissent au Journal officiel, comme la loi [3] le prévoyait. Les décrets sont en partie critiqués pour le manque d’implication des médecins traitants. C’est alors naturellement à eux que s’adresse une remise au point sur l’écoute empathique, entendue sur le site santé généraliste Univadis, site réservé aux professionnels.

L’empathie, selon Le Petit Robert 2011 : "C’est la faculté de s’identifier à quelqu’un, de ressentir ce qu’il ressent". Elle est, pour tout thérapeute, compréhension d’autrui au sens large (de ses états affectifs). L’écoute empathique, bien qu’enseignée, devrait faire l’objet de constantes remises au point, selon le Dr Christine Collineau [4]. L’écoute empathique est une compétence que les professionnels de santé pourraient parfaire par l’entraînement...

Le médecin traitant est celui qui vérifie le poids ou reçoit les examens biologiques. Pour lui, une posture éducative favorise l’alliance thérapeutique, terme portant en lui la réciprocité. Vivre avec une maladie comme le diabète de type 2 est très lourd. Les complications potentielles qu’il faut essayer de mieux prévenir (coeur, rein, oeil, vaisseaux, pieds) obligent à une auto-prise en charge rigoureuse (autosoins Autosoins Stratégie acquise par le patient pour gérer sa santé en vue de l’améliorer. Le malade apprend à s’autosoigner. ).

La modification des habitudes de vie est un préalable à une bonne maîtrise de la maladie. Outre le fait de prendre un médicament tous les jours, le patient devra faire de l’exercice physique et surveiller son alimentation.

Parmi les exemples donnés pour des exercices pratiques, les règles de 1 à 3 ci-dessous ont été détaillées (questions ouvertes, reformulation et renforcement positif).

1 - Poser des questions ouvertes

Elles ne permettent pas de répondre par oui et par non.

Ce sont les phrases débutant par : "En quoi ? Comment ? Pourquoi ? Combien ?"

Elles favorisent un climat de confiance et permettent au patient d’aborder des questions auxquelles le médecin n’aurait pas forcément pensé. _

  • Exemples : "Que pensez-vous de reprendre une activité physique régulière ?", "Comment allez-vous vous organiser pour prendre vos médicaments ?".

2 - Utiliser la reformulation (ou reflet)

Ce sont les phrases débutent par :

"Si je vous comprends bien", "Ainsi, selon vous", "Vous voulez dire que", "En d’autres termes", etc."

Les résistances du patient sont plus aisément vaincues.

  • Exemples : "Vous vous sentez découragé par le résultat de votre hémoglobine glyquée (HbA1c)", "Vous avez l’impression que vos efforts ne sont pas récompensés", "Vous supportez mal d’avoir à imposer des contraintes à votre famille", "Je vous sens découragé par tout ce que votre diabète implique dans votre vie".

3 - Penser au renforcement positif

C’est à dire insister sur ce qui a déjà été réussi. Cela peut augmenter l’efficacité personnelle du sujet (auto-efficacité Auto-efficacité Sentiment d’efficacité personnelle (croyance vraie ou fausse du patient pensant qu’il est possible d’atteindre un objectif). )

  • Exemples : "Ceci est encourageant", "Vous avez réussi ces changements durant un mois. Voyons ce qui a fait que cela ne dure pas".

Ndlr, pour faire l’exercice inverse :

  • Vous avez fait vos prises de sang comme prévu ? (question fermée).
  • Je n’ai pas réussi à maigrir. Pas de réponse du médecin (donc pas de reformulation) ;
  • Oh ! Mais votre HbA1c est mauvaise !", (culpabilisation du malade et "renforcement négatif").

[1] Comme nous le disions dans un article précédent, l’empathie est, en psychologie sociale, la faculté de comprendre ce que l’être ressent et attend ((2002) Pourquoi aider les frères et sœurs d’enfants souffrant de maladies chroniques ?).

[2] L’hémoglobine glycosylée ou hémoglobine glyquée, qui est la valeur de référence dans ce domaine, permet de savoir quelle a été la glycémie sur les 120 derniers jours (durée de vie des hématies - globules rouges) : sa valeur augmente ainsi avec la fréquence des épisodes d’hyperglycémie sur cette période. Elle est la preuve de la fixation du glucose sur la globine (protéine) de hémoglobine, augmentant en cas d’hyperglycémie. (Ndlr)

[3] Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST), voir notre entrée Chronisanté .

[4] Docteur Christine Collineau, Vidéo, Univadis, site santé professionnel, le mercredi 8 septembre 2010 : la posture éducative, l’écoute empathique.